L’artisanat confirme en 2024 son rôle de «valeur refuge» dans un environnement économique marqué par l’incertitude, selon le baromètre ISM-Maaf. Les créations d’entreprises progressent de 11%, soit deux fois plus vite qu’à l’échelle nationale (+6%). Fait plutôt rare : tous les secteurs et les régions sont concernés.
L’entrepreneuriat artisanal atteint ainsi un niveau jamais observé, porté par près de 280 000 nouvelles entreprises en un an. Et dans cet élan général, les soins de beauté tirent nettement leur épingle du jeu, enregistrant 17 890 nouvelles entreprises, soit une hausse de +17%, qui le propulse directement dans le Top 3 des activités artisanales qui concentrent le plus grand nombre de créations d’entreprises, après le nettoyage des bâtiments (45 480 créations, +20%) et les taxis VTC (18 540, +20%).
«Lors de la création de son entreprise en 2022, près d’un créateur sur deux (48%) indiquait s’être orienté vers une activité différente de son métier principal. Ces reconversions entrepreneuriales sont particulièrement fréquentes dans l’artisanat de fabrication (69%) et dans les services (61%)», relève le baromètre ISM-Maaf.
Une croissance qui gagne toutes les régions
La progression touche l’ensemble du territoire, mais pas de manière uniforme. Les bassins les plus denses continuent de tirer le marché. C’est le cas d’Auvergne-Rhône-Alpes (+18%, contre -8 % en 2023), l’Ile-de-France (+15%) et les Pays de la Loire (+16%, après -7% un an plus tôt). D’autres régions restent sur des progressions plus modérées, comme la Bourgogne-Franche-Comté (+5%) ou la Corse (+7%).
Mais derrière cette vague de création, un problème de fond demeure : seulement 8% des nouvelles entreprises artisanales sont issues d’une reprise, souligne l’étude. Et pourtant, les besoins sont immenses, dans la mesure où 72 000 sociétés artisanales, employant 200 000 emplois, pourraient être cédées dans les cinq ans en raison du départ à la retraite de leurs dirigeants.
Baromètre réalisé par l’Institut supérieur des métiers (ISM) avec le soutien de MAAF, basé sur les données INSEE et BODACC A. Publié quatre fois par an, il analyse l’évolution économique et sociale de l’artisanat en France.
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