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Recrutement sous tension : un record historique dans l’artisanat

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Malgré un emploi encore solide (+4,5% depuis 2019), le baromètre ISM-MAAF 2025 révèle des tensions inédites dans l’artisanat. Avec 490 000 offres en 2024 et un vivier de candidats en baisse, 57% des recrutements sont jugés difficiles.

Après avoir retrouvé des couleurs au sortir du Covid, l’artisanat cale. Fin 2024, le secteur comptait encore 1,857 million d’emplois salariés, soit 4,5% de plus qu’en 2019. Mais la dynamique s’essouffle : la vague de créations observée entre 2019 et 2022 (+8%) a laissé place à un reflux de 3% sur les deux dernières années, relève le dernier baromètre ISM-MAAF. 

«Alors que l’emploi artisanal reste solide après le rebond post-Covid, les entreprises font face à des tensions croissantes pour recruter. Une situation marquée par une hausse de 46% des offres d’emploi depuis 2019, et une baisse du nombre de candidats», souligne Anne-Sophie Prissé, directrice Marketing et Communication à la Maaf.

Le volume d’offres est très élevé : 490 000 annonces publiées en 2024, soit une progression de 46% depuis 2019. Certaines professions connaissent même des hausses spectaculaires, comme les vendeurs en poissonnerie et en charcuterie (+65%). La dynamique est aussi portée par de nouveaux marchés, tels que l’isolation (façadiers), la construction bois dans le BTP ou encore la réparation de cycles.

En parallèle, le nombre de demandeurs d’emploi dans l’artisanat recule de 12% entre 2019 et 2024, alors qu’il demeure globalement stable au niveau national. Cette baisse touche tous les métiers : -14% dans le BTP et la fabrication, -12% dans l’alimentation et -8% dans les services. 

Des difficultés de recrutement sans précédent

Le déséquilibre entre l’offre et la demande conduit à des tensions inédites : 57% des recrutements sont jugés difficiles en 2024, tous secteurs confondus. Certaines spécialités dépassent même les 70% : chaudronniers (80%), couvreurs (82%), bouchers (74%), carrossiers automobiles (81%).

«Globalement, la plupart des grands secteurs de l’artisanat ont des difficultés à pourvoir leurs emplois. Il est aujourd’hui plus difficile de recruter dans ces métiers ‘essentiels’ que dans les métiers du commerce, de la gestion-administration, les métiers de cadres-ingénieurs ou du transport-logistique», observe Catherine Elie, directrice des études de l’Institut supérieur des métiers (ISM).

Dans ce contexte, le baromètre ISM-MAAF livre pour la première fois un palmarès des métiers les plus porteurs pour un projet de formation ou de reconversion. Les opportunités se situent notamment chez les charcutiers-traiteurs, plâtriers, soudeurs et retoucheurs en habillement, où la baisse du nombre de candidats s’ajoute à un déficit de compétences disponibles.

Hausse du chômage dans l’esthétique

À l’inverse, certains métiers «en vogue» post-Covid semblent avoir atteint un plafond. Brasseurs, fromagers, pâtissiers ou chauffeurs VTC enregistrent une hausse marquée du nombre de demandeurs d’emploi, parfois au-delà des capacités réelles du marché.

«Rares sont les secteurs où le nombre de demandeurs d’emploi progresse, à l’exception de métiers ‘en vogue’ souvent très médiatisés ces dernières années, où l’on a pu observer un afflux de candidats pour se former ou s’installer, au-delà parfois des capacités d’emploi réelles», constate Catherine Elie. C’est le cas pour les soins esthétiques et corporels : 36 660 demandeurs d’emploi ont été enregistrés l’an dernier, soit une hausse de 15% par rapport à 2019. 

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