L’année 2023 a été «dans l’ombre de l’inflation», résume l’Observatoire de la petite entreprise, piloté par la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA), en partenariat avec Banque Populaire. Son étude annuelle porte sur un échantillon de 20 000 entreprises adhérentes, principalement individuelles.
Renchérissement des tarifs de l’énergie, hausse des taux d’intérêt, ralentissement économique, remboursement de la dette Covid… «Autant de sujets qui sont venus impacter les modèles d’exploitation des entrepreneurs», a souligné Thomas Vassel, directeur du développement Banque Populaire-Marché des professionnels et entreprises, mardi, lors d’un point presse.
Les mauvaises nouvelles se sont accumulées. Les prix, en France, ont bondi de 5,2% en 2022, puis de 4,9% l’année suivante, dans un contexte économique anxiogène : faible croissance de l’économie (0,9%, contre +2,5% en 2022), recul de la consommation des ménages (+0,7% vs +2,1% en 2022)… La création d’emplois salariés, elle, plafonne à 150 000 (+0,6%), contre +349 000 en 2022.
L’esthétique reste devant la coiffure
Malgré tout, l’indicateur pour les petites entreprises reste dans le vert pour l’année 2023 (+1,5%), relève l’Observatoire. Un chiffre à relativiser, toutefois, s’empresse d’ajouter l’Observatoire, car cette croissance est «largement inférieure» à celle de l’inflation, et en retrait par rapport à celle de 2022 (+6,6%).
D’ailleurs, le commerce de détail alimentaire, qui figure parmi les premières activités impactées par l’inflation, a vu son chiffre d’affaires grimper de 4,3% l’an dernier. En tête des progressions, on trouve les cafés, hôtels et restaurants (+6,2%) et la vente et la réparation automobile (+4,4%).
Dans le palmarès des chiffre d’affaires établi par l’Observatoire, la «beauté -esthétique» se situe à la cinquième position, enregistrant une hausse de 2,3% de son activité, ce qui la place devant l’équipement de la personne (+0,9%) et l’équipement de la maison (+0,6%).
Une activité tirée d’abord par l’esthétique (+2,7%), suivie par la coiffure (+2,2%) et la parfumerie (+2,1%). Et si l’on regarde de plus près, c’est-à-dire le quatrième trimestre 2023, on s’aperçoit que l’esthétique se distingue aussi pendant les fêtes de fin d’année (+3,1%), alors que la coiffure (+à,9%) et la parfumerie (-1,5%) sont à la peine.
Un environnement qui reste incertain
«Toute l’industrie du bien-être et de la beauté a bénéficié d’une augmentation du chiffre d’affaires. Je pense qu’il y a des motifs psychologiques. Dans un environnement incertain, le consommateur a besoin de s’occuper de lui, de se chouchouter», a noté Nasser Negrouche, rédacteur en chef de l’Observatoire.
Reste un autre indicateur à prendre en compte, celui des défaillances, en hausse de près de 40% l’an dernier dans la beauté et le bien-être, et que ce baromètre ne prend pas en compte. «Parmi les impacts que les salons rencontrent, ce sont les difficultés de recrutement. Un certain nombre de salons de coiffure sont obligés de revoir leurs amplitudes horaires, faute d’avoir la capacité à recruter et à fidéliser suffisamment, ce qui vient impacter nécessairement leur chiffre d’affaires», a expliqué Thomas Vassel.
Une croissance en trompe-l’oeil, donc. «Ce sont des secteurs qu’on considère comme positifs mais compte-tenu de l’augmentation des matières premières et de l’inflation, au niveau de l’activité, c’est plutôt une baisse», fait-on remarquer à la FCGA, qui se montre, par ailleurs, prudente dans ses prévisions pour 2024 : «La difficulté aujourd’hui, c’est que les prix n’ont pas vraiment baissé».
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