De nouveaux sujets d’inquiétude ont fait irruption dans la vie des entrepreneurs, à quelques jours du premier tour des élections législatives anticipées. Outre la baisse de l’activité au cours des prochains mois, plus d’un tiers des patrons de PME (35%) redoutent l’instabilité politique (35 %), tandis que 29% craignent une remise en cause de la paix civile (29 %), selon l’enquête que vient de publier la CPME.
Les questions ont été posées par la CPME à ses adhérents, entre le 20 et 24 juin, avant même qu’Emmanuel Macron ne brandisse le risque d’une «guerre civile», en cas de victoires des extrêmes, au début de la semaine. Les patrons de PME, pour leur part, redoutent l’onde de choc de cet ultime coup de poker lancé par le chef de l’Etat. Des choix politiques qui «ne seront pas sans conséquences économiques».
Plus de la moitié (58%) d’entre eux prévoient de reporter leurs projets d’investissement en cas de victoire du Nouveau Front populaire, 36%, si le Rassemblement national et ses alliés ont la majorité, et 12% dans la perspective d’une victoire de l’alliance présidentielle. Face aux promesses coûteuses présentées par les principales formations politiques, les dirigeants s’alarment d’une hausse de la dépense publique, qui pourrait, pour 78% des dirigeants interrogés, conduire à une faillite du pays et à sa mise sous tutelle du FMI.
Les PME prévoient des licenciements
L’une des mesures qui effrayent le plus les PME, c’est la proposition du Nouveau Front populaire de porter le salaire minimum à 1 600 euros nets par mois. Plus d’un dirigeant sur quatre (41%) prendraient alors des «mesures drastiques», indique l’enquête. La moitié d’entre eux (50%) estiment qu’ils devront répercuter cette hausse sur leurs prix de vente, pour éviter d’avoir à réduire leurs effectifs. «Seul un dirigeant sur 10 (10%) serait en capacité d’absorber ce surcoût dans ses marges», précise toutefois l’étude.
Plus inquiétant, plus d’un quart des répondants (27%) déclarent qu’ils licencieraient une partie de leur personnel «pour sauver leur entreprise», tandis que 14% assurent qu’ils devront cesser leur activité. Les chefs d’entreprise se montrent aussi très hostiles, à 83%, à une diminution généralisée de la durée légale hebdomadaire de travail, à 32 heures. «Seuls 12% d’entre eux y sont favorables pour les seuls métiers pénibles, comme le propose le Nouveau Front populaire», souligne la CPME.
Des avis partagés sur l’indexation des salaires
Par ailleurs, ils se prononcent aussi, à une très large majorité (82%), contre un abaissement de l’âge légal de départ à la retraite, mesure proposée par le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire. Une idée considérée comme «irréaliste dans l’état actuel des finances publiques» par 65% des répondants.
En revanche, les patrons de PME sont plus partagés sur la réforme de l’assurance – chômage (50 % d’opinions favorables – 50 % d’opinions défavorables). Celle-ci prévoit un allongement de la durée de travail nécessaire pour être indemnisé et un raccourcissement de la durée d’indemnisation, sans baisse, toutefois, des cotisations patronales.
Par ailleurs, si une majorité de dirigeants (70%) se disent favorables à une indexation des pensions sur l’inflation, la moitié d’entre eux (50%) ne verraient pas d’un mauvais oeil une indexation des salaires sur l’inflation. Des hausses qu’ils pourraient répercuter sur leurs prix, ce qui plongerait alors l’économie dans une dangereuse spirale inflationniste.
Enquête réalisée du 20 au 24 juin auprès de 1 066 dirigeants de petites et moyennes entreprises via un questionnaire en ligne.
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