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Les cryptomonnaies font une incursion timide dans les salles de sport

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Après le Printemps, Fitness Park devient le premier club de fitness en France à accepter des paiements en cryptomonnaies. Une première ouverture qui reflète une tendance plus large, où des coiffeurs et des commerçants indépendants ont commencé à sauter le pas.

Depuis le 8 janvier, l’enseigne Fitness Park teste une solution novatrice au sein de son club de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, rapporte Le Figaro. Bitcoin, ethereum et autres cryptos sont désormais acceptés, permettant aux adhérents de régler leurs abonnements et achats de produits directement en cryptomonnaies.

Le processus de paiement est simplifié au maximum : le client scanne un QR code disponible à l’accueil et effectue son règlement en quelques secondes. Les transactions sont immédiatement converties en euros grâce à la fintech française Lyzi, ce qui permet de «supprimer les risques liés à la volatilité des cryptomonnaies», précise Fitness Park, qui envisage, si l’opération rencontre un «fort succès», de l’étendre à ses autres clubs en France. 

Des salons s’ouvrent aux cryptomonnaies

Une exception ? Pas vraiment. L’incursion des cryptomonnaies dans des secteurs inattendus ne se limite pas au monde du fitness. Dans la coiffure, Marc Mauny, coiffeur-barbier à Mayenne, a ouvert la voie. Depuis 2022, sa clientèle peut payer ses prestations en bitcoin, À 58 ans, il se positionnait déjà en véritable pionnier, bien décidé à moderniser son métier. Dans son salon, un simple QR code permet de régler une coupe de cheveux et une barbe assortie pour 50 euros en cryptomonnaies.

Autre initiative, celle du salon Marotte, à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), qui accepte aussi les cryptomonnaies depuis l’après-Covid.  «C’est un moyen de paiement en plus. Ça nous permet d’être dans l’ère du temps et de montrer à nos clients que l’on s’intéresse aux avancées. Là, on est en train de réfléchir pour peut-être accepter plus tard les NFT», expliquait son patron, Pierre Zagari, à Nice-Matin. 

Cannes veut convertir tous les commerçants

Si des salons de coiffure et des salles de sport commencent à ouvrir la voie, des initiatives plus larges sont aussi en cours pour généraliser l’utilisation des cryptomonnaies dans le commerce traditionnel. À Cannes, par exemple, le maire David Lisnard vient d’annoncer son intention d’inciter les paiements en monnaie numérique.

Il a même prévu une journée de formation pour tous les commerçants locaux, le 4 février prochain, au Palais des Festivals, même si cette initiative risque d’intéresser surtout les boutiques haut de gamme de la Croisette, où la clientèle étrangère et fortunée est particulièrement familière avec l’utilisation de ces monnaies virtuelles. Mais selon le maire, l’objectif est de ne pas laisser les commerçants cannois se priver d’«une clientèle à forte potentialité».

En effet, accepter les cryptomonnaies peut séduire une clientèle internationale ou des clients qui privilégient l’utilisation de leurs actifs numériques, plutôt que des méthodes de paiement classiques. Les paiements sont instantanés et ils offrent des frais de transaction réduits par rapport aux cartes bancaires traditionnelles.

Des monnaies virtuelles très spéculatives

Le contexte international est d’ailleurs porteurs. Ces monnaies connaissent une véritable ascension, notamment aux États-Unis. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a marqué un véritable tournant. Entre septembre et décembre 2024, la valeur du bitcoin a doublé, passant de 52 000 dollars à plus de 100 000 dollars. 

Cette performance impressionnante, avec un gain de 124% en 2024, place cette monnaie parmi les actifs les plus rentables, bien au-dessus de l’indice Nasdaq (30%), de l’or (27%) ou du CAC 40 (-2%), soulignait récemment Jean-Philippe Serbera, professeur à l’ESC Pau. À l’échelle mondiale, l’ensemble du marché des cryptomonnaies a également connu une hausse proche des 100 % l’an dernier… 

Une enquête menée en 2024 par Pew Research révèle que près de 40% des jeunes adultes américains détiennent désormais des cryptomonnaies, un chiffre qui témoigne de leur banalisation aux États-Unis. Dans l’Hexagone, bien que la situation ne soit pas comparable, les chiffres montrent une forte dynamique. Une étude réalisée par la plateforme Gemini et publiée en septembre révèle que 18% des Français détiennent des cryptomonnaies. Et pas les plus vieux… «Près d’un quart des 18 à 27 ans auraient déjà acquis des cryptoactifs, attirés par la spéculation comme par la technologie», notait Le Monde en novembre.

«Le moteur est clairement générationnel. C’est naturel pour eux d’investir dans cette classe d’actifs numériques, qu’ils se sont appropriée. À l’inverse, le 100% numérique est une barrière pour les plus âgés. L’acculturation n’est pas passée par les médias classiques mais par les réseaux sociaux et les influenceurs», analysait Stanislas Barthelemi, senior manager chez KPMG, cité par le quotidien du soir. 

Une utilisation qui n’est pas sans risque

Reste, bien sûr, de nombreuses incertitudes, notamment en ce qui concerne la conversion en monnaie fiduciaire. Les commerçants hésitent à conserver des cryptomonnaies en raison de leur volatilité. Pour répondre à cette inquiétude, plusieurs services permettent de convertir immédiatement les cryptos reçues en euros ou autres devises fiduciaires, assurant ainsi une certaines stabilité.

De plus, les paiements en cryptomonnaies ne sont pas exemptés des obligations fiscales. Les commerçants doivent donc déclarer les paiements reçus en crypto de la même manière que ceux effectués en monnaie traditionnelle. Les gains en capital générés par la vente ou l’échange de cryptomonnaies sont aussi soumis à taxation. Des spécificités fiscales qui peuvent ajouter une complexité supplémentaire pour les commerçants.

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