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La désaffection des consommateurs pour le bio se confirme

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Inquiétudes environnementales passées au second plan, pouvoir d’achat en baisse, arbitrages budgétaires… Les Français se détournent de l'alimentation biologique, selon le 21ème baromètre de l’Agence Bio, qui confirme le «renversement de tendance». 

«Après des années de forte croissance, on assiste à un bouleversement de la consommation de produits bio en France avec un renversement de tendance», observe le président de l’Agence Bio, Jean Verdier, cité par Capital. L’an dernier, à peine 30% des Français consommaient du bio une fois par semaine, contre 52% en 2021 et 34% en 2022, et un peu plus de la moitié (54%), une fois par mois (76% en 2021 et 60% en 2022).

L’une des raisons, c’est d’abord l’inflation, qui a contraint les consommateurs à se serrer la ceinture : 43% des Français affirment devoir réduire leurs dépenses en matière d’alimentation et 86% avouent qu’ils délaissent le bio. Mais il y a aussi une autre cause, plus préoccupante pour le marché : un changement de perception.

En effet, les baromètres antérieurs montraient que les consommateurs associaient le bio à une meilleure santé et à la protection de l’environnement, des points mis en avant par le secteur. Aujourd’hui, une alimentation de qualité est surtout perçue comme une source de plaisir. Ainsi, la dernière étude indique un basculement «d’une l’alimentation axée sur des préoccupations santé (-6 points vs 2022) et environnementales (-9 points vs 2022) vers une alimentation plaisir (+15 points)».

Le bio pâtit d’une image de produits chers

«À l’exception de l’attention portée au gaspillage, les Français sont moins attentifs au fait d’acheter des produits frais, issus de circuits courts, de cuisiner davantage ou de réduire l’utilisation de plastiques et d’emballages», commente l’Agence Bio dans un communiqué. Les labels n’obsèdent pas non plus les consommateurs, qui s’y réfèrent moins durant leurs courses.

Enfin, le bio pâtit toujours d’une image de produits onéreux : 66% des Français qui en consomment chaque semaine estiment que ces produits sont trop chers. Une proportion qui passe à 80% chez ceux dont la consommation est occasionnelle et 75% parmi les personnes qui n’en achètent jamais. Et pourtant, s’étonne Laure Verdeau, la directrice de l’Agence Bio, citée par Capital, «jamais le bio n’a été si peu cher». Selon elle, «l’écart de prix entre le bio et le conventionnel s’est considérablement réduit».

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