Une crème de beauté miracle, un conseil restaurant, des recommandations d’investissement… En lien avec les régulateurs nationaux, Bruxelles a décortiqué les publications de 576 influenceurs (dont 82 comptant plus d’un million d’abonnés) sur les réseaux sociaux à travers 22 États membres, ainsi qu’en Norvège et en Islande.
Le résultat est édifiant, notamment en termes de transparence : la quasi-totalité (97%) d’entre eux publiait «des contenus commerciaux», mais seulement un sur cinq «indiquait systématiquement» et clairement qu’il s’agissait d’une publicité, note l’Union européenne dans une étude publiée le 14 février.
Certains évoquant simplement des «collaborations» ou «partenariats». Seuls 36% étaient enregistrés en tant que professionnels et 30% ne fournissaient aucune coordonnée d’entreprise. À la suite de cette opération, qualifiée par l’institution européenne de «coup de balai», l’UE a décidé de soumettre 358 influenceurs à une enquête «plus approfondie».
«Les pratiques commerciales problématiques illustrent l’importance de disposer d’une législation moderne et solide, propre à garantir l’équité numérique pour les consommateurs en ligne», souligne Bruxelles dans un communiqué, n’écartant pas des possibilités de sanctions.
« Une influence considérable sur leurs abonnés »
Selon l’UE, les principaux secteurs d’activité concernés sont, notamment, la mode, l’art de vivre et la beauté. Elle rappelle que les influenceurs qui vendent des produits ou des services pour leur propre compte «ont les mêmes obligations légales que les magasins en ligne», qui est d’accorder aux consommateurs une garantie légale ou un droit de rétractation
Le marketing lié aux influenceurs aurait généré l’an dernier environ 20 milliards d’euros dans le monde. «Avec l’essor tentaculaire des réseaux sociaux, le monde des influenceurs est devenu une activité à part entière», a déclaré le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, cité par l’AFP. «Ils exercent une influence considérable sur leurs abonnés, dont beaucoup sont mineurs. Je les appelle à faire preuve de beaucoup plus de transparence», a-t-il averti.
L’Union européenne a durci son arsenal pour réguler Internet. Sa législation sur les services numériques (DSA) entre en vigueur ce samedi avec des obligations désormais imposées à l’ensemble des plateformes, sous peine d’amendes, pour mieux protéger les utilisateurs contre les contenus illégaux. Elle exige également plus de transparence en termes de publicité.
Avec l’AFP.
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