Les crypto-monnaies s’installent timidement dans les usages de paiement : 11 % des Français déclarent posséder des actifs numériques et 14 % en ont déjà détenu, indique ce nouveau baromètre. Parmi ces détenteurs, une part importante affirme avoir déjà utilisé ces actifs pour effectuer un paiement.
«Sur cette proportion d’acquéreurs, 53 % disent avoir déjà effectué un paiement en cryptoactif», a expliqué Claire Balva, directrice générale de l’Adan, lors d’une récente table ronde organisée par la Banque de France, rapporte le journal Les Echos. L’étude s’est également penchée sur l’usage des stablecoins, des cryptomonnaies à valeur stable, généralement indexées sur une monnaie comme le dollar ou l’euro. Verdict : environ un quart des détenteurs assurent les avoir déjà utilisés pour payer.
Dans les faits, ces paiements passent par des dispositifs spécifiques. Dans la pratique, les détenteurs de Bitcoin ou d’Ethereum utilisent principalement des cartes de paiement en cryptos ou des portefeuilles hébergés par des plateformes, même si ces derniers restent encore plus marginaux.
Un usage encore difficile à mesurer
Pour les commerçants, la transaction ne change pas. Les cartes Visa ou Mastercard sont acceptées de la même manière, qu’elles soient reliées à un compte bancaire traditionnel ou à un portefeuille de cryptoactifs, «peu importe qu’elles soient adossées à un portefeuille cryptos ou à un compte classique», selon les informations rapportées par Les Echos.
Le sujet gagne toutefois en visibilité, même si «ce n’est pas encore tout à fait démocratisé», a souligné Charlotte Pagot, secrétaire générale du think tank Mercatel. Reste que, pour les professionnels, il est difficile d’évaluer l’essor réel de ces paiements.
Quand un client paie avec une carte, il est impossible de savoir si celle-ci est adossée à un portefeuille de cryptoactifs ou à un compte bancaire classique. Seuls les réseaux de cartes disposent de cette information. Les commerçants ne peuvent donc pas identifier directement si leurs clients utilisent ce type de solution.
Aucun surcoût pour les commerçants
Dans les faits, accepter un paiement réalisé via une carte crypto ne change pas les conditions de la transaction pour le commerçant. Les frais appliqués restent identiques à ceux d’un paiement classique. «Les frais d’interchange sont les mêmes pour les commerçants», a précisé Thomas Douchez, directeur du développement commercial chez Visa.
Pour l’heure, leur usage reste cantonné à certains secteurs, comme le luxe, le tourisme ou le jeu. Les cryptos permettent notamment à une clientèle internationale d’éviter les contraintes liées au change. En revanche, pour la clientèle française, la fiscalité appliquée aux plus-values sur la vente de cryptoactifs constitue un frein important à leur utilisation au quotidien…
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