Alors que de nombreux secteurs ajustent leurs prévisions face au ralentissement de la consommation, le bien-être affiche, quant à lui, une trajectoire plutôt singulière. L’étude Xerfi consacrée au «marché des espaces bien-être à l’horizon 2030» montre que cette activité s’installe parmi les rares postes de dépenses qui continuent à progresser.
«Malgré les pressions sur leur pouvoir d’achat, les Français considèrent les prestations de bien-être comme un bon moyen de réduire leur stress, a fortiori dans un climat économique et social fragilisé», note Alix Merle, l’auteur de l’étude, citée dans un communiqué. Les vacances demeurent aussi un «moment privilégié pour consommer ces soins» et le budget qui leur est consacré reste prioritaire, assure Xerfi.
À cela s’ajoutent le vieillissement de la population, qui stimule la demande en cures thermales, soins anti-âge et programmes de prévention, la démocratisation des pratiques et l’activité touristique intérieure. Le tableau n’est toutefois pas homogène : les stations thermales, encore marquées par l’après-Covid, comptent 484 000 curistes en 2025, soit 16,4% de moins qu’en 2019.
Une trajectoire ascendante mais contrastée
Xerfi s’est aussi penché sur le marché des espaces bien-être – spas, thalassothérapie, centres thermaux -, qui devrait atteindre 2,5 milliards d’euros en 2030, avec une croissance moyenne de +4% par an. «Un dynamisme qui masque toutefois des performances contrastées selon les catégories d’acteurs», nuance toutefois Alix Merle.
Les segments appelés à tirer le marchés sont d’abord les grands complexes de bien-être (thalassothérapie, thermalisme, centres de remise en forme par l’eau), qui resteront les principaux bénéficiaires de la hausse structurelle de la demande. Leur activité progresserait de 3% à 6% par an d’ici 2030, tirée par une clientèle senior croissante et par le dynamisme touristique.
Les centres de remise en forme par l’eau, à l’image de Caliceo, profitent d’un positionnement tarifaire particulièrement compétitif : 20 euros pour deux heures, ce qui leur permet de capter un public large, y compris les jeunes, souligne, en particulier, l’auteur de l’étude.
Spas urbains, la catégorie la plus menacée
À l’inverse, les spas urbains se trouvent en situation de vulnérabilité. «Les revenus des exploitants de spas urbains – indépendants ou adossés à un hébergement – devraient enregistrer une hausse modeste», prévoit Xerfi. Plusieurs facteurs expliquent cette fragilité, comme la concurrence directe des 12 000 instituts de beauté, l’essor des équipements domestiques et la compétition des destinations étrangères, notamment méditerranéennes et asiatiques.
Leur développement se heurte aussi à un environnement financier moins favorable et à un «parc hôtelier en repli», qui limite les ouvertures de nouveaux spas hôteliers. À une exception près : «les établissements déjà dotés d’une forte capacité d’accueil et d’une offre structurée sont clairement mieux positionnés».
Enfin, Xerfi met en avant trois pistes pour se démarquer dans ce marché très compétitif. D’abord le médispa, en forte montée en gamme, illustré par l’ouverture en 2025 du premier Medical Spa Barrière avec la Clinique des Champs-Élysées. Ensuite, le renouvellement de l’expérience client, via des collaborations premium comme Nuxe ou Shiseido et des lieux immersifs tels que l’Evian Spa rénové.
Enfin, le marketing digital devient incontournable, face à Instagram, Facebook et TikTok, qui regroupent, à eux trois, «plus de 6 milliards d’utilisateurs», observe Xerfi. L’enrichissement des catalogues de prestations – cures du soir, programmes sommeil, détox digitale, diversification anti-âge ou vers la médecine esthétique – complète cette stratégie d’adaptation.
« Le marché des espaces bien-être à l’horizon 2030 – Les concepts prometteurs pour bâtir une offre différenciante et fidéliser de nouveaux publics », Xerfi, décembre 2025.
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