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Beauté : science et technologie dopent les fusions mondiales

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Le marché mondial de la beauté se consolide et monte en gamme. Selon une étude de la banque d’investissement DC Advisory, les fusions-acquisitions s’accélèrent, portées par la relocalisation industrielle, le skincare scientifique et le boom de la beauty tech asiatique.

Les grandes manœuvres reprennent dans la beauté mondiale. En 2025, le secteur enchaîne les opérations stratégiques, de l’acquisition de Dr Squatch par Unilever (1,5 milliard de dollars) à celle de Color Wow par L’Oréal, illustrant la vitalité retrouvée du marché capillaire et la stratégie d’expansion des géants du secteur.

Selon DC Advisory, la beauté reste un secteur d’investissement attractif et dynamique pour les fusions-acquisitions. Après le pic post-Covid, le rythme s’est stabilisé mais demeure soutenu : 27 transactions ont été annoncées en 2025, dont près d’un tiers en Europe et 16 aux États-Unis sur le seul premier semestre.

Sur le Vieux Continent, la tendance est à la recomposition des portefeuilles : «Les investisseurs stratégiques dominent les opérations, cherchant à étendre leur expertise et leur présence régionale, tandis que le capital-investissement reste sélectif», observe la banque d’investissement.

Les «carve-outs», qui désignent les cessions ciblées de marques historiques, devraient rester un levier important l’an prochain, notamment au Royaume-Uni, où près de 80 marques de beauté sont encore détenues par des fonds depuis plus de cinq ans.

L’Asie, la nouvelle frontière de la beauté

Sans surprise, l’Asie s’impose comme le nouveau centre de gravité du marché mondial de la beauté. «Les marchés asiatiques, fragmentés mais dynamiques, entrent dans une nouvelle ère de consolidation et de montée en puissance», estime l’étude. En Corée du Sud, les opérations de rachat se multiplient, portées par des fondateurs «de plus en plus disposés à céder leur entreprise dans la dynamique de la K-Beauty». 

Le pays consolide sa réputation d’incubateur d’innovations, à la croisée de la beauté et de la technologie : solutions de maquillage virtuel, dispositifs de soins à domicile, beauty tech connectée… Un segment promis à une croissance annuelle de 4,83% d’ici 2030, note la banque d’investissement. 

Évalué à 28 milliards de dollars, le marché indien doit, lui, apprendre à «passer de 10 à 100 millions de dollars de chiffre d’affaires», tout en préservant la rentabilité. Les investisseurs se concentrent désormais sur des marques «à croissance qualitative, fondements solides et vision alignée sur les attentes des consommateurs». Les formules ayurvédiques, les produits scientifiques et les modèles de distribution rapide en deviennent les nouveaux moteurs de croissance.

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Relocalisation industrielle et montée en gamme

Autre fait nouveau : la consolidation ne se limite plus aux marques. Elle gagne désormais les fabricants partenaires du secteur. Le marché mondial des «CDMO/CMO», sociétés de co-développement et de sous-traitance dans les cosmétiques, devrait progresser à un rythme soutenu de 6,5% par an jusqu’en 2030, selon DC Advisory. Explication : dans un contexte géopolitique instable, les groupes cherchent à rapprocher la production des marchés finaux. 

Aux États-Unis, les partenariats se multiplient. DMI Personal Care a fusionné avec Trademark Cosmetics, après un investissement du fonds TruArc, tandis que Cohere Beauty prévoit une série d’acquisitions ciblées dans le soin, le capillaire et la parfumerie. En Europe, le mouvement s’accélère : 1QH (Allemagne) a repris Beauty Products et le gestionnaire d’actifs Schroders (Royaume-Uni) a renforcé sa participation dans Creightons, confirmant la tendance à la consolidation industrielle.

En Corée du Sud, la moitié des opérations recensées en 2025 portent sur des fabricants à façon, précise l’étude. L’acquisition de Rebom Cosmetics – fort de 34 partenaires internationaux – par Dong Kook Pharmaceutical, illustre ce rapprochement entre savoir-faire industriel et déploiement mondial.

Fusion entre beauté, bien-être et technologie

Mais la recomposition du secteur ne se joue plus seulement sur le plan financier. Elle traduit aussi une mutation stratégique profonde, relèvent les banquiers. «Les marques qui exploitent les canaux digitaux, les capacités industrielles avancées et des valeurs cohérentes avec les attentes des consommateurs continueront d’attirer capitaux et clients», assurent-ils. 

Le skincare scientifique reste le principal moteur de cette transformation : 10 des 27 opérations mondiales recensées en 2025 concernent ce segment, symbole d’une beauté fondée sur la preuve et la performance. La parfumerie de niche et le soin capillaire premium confirment cette montée en gamme, combinant innovation sensorielle et expertise technique.

Mais la vraie rupture s’opère à l’intersection des univers, confirmant ainsi une tendance observée depuis plusieurs années. «Alors que les frontières entre beauté, bien-être et technologie s’estompent, la prochaine vague de fusions-acquisitions est en passe de redéfinir le secteur», anticipe l’étude. Une beauté intégrée, à la fois scientifique, responsable et technologique, s’impose désormais comme le nouvel horizon stratégique de la filière.

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