La beauté ne connaît pas la crise ? Pour l’instant, non, et c’est une bonne nouvelle. Les ventes mondiales de produits de beauté et de soins personnels devraient atteindre cette année atteindre 590 milliards de dollars (environ 508 millions d’euros), soit un bond de… 2 %. Une petite progression que l’on ne doit pas sous-estimer, si l’on en croit la société d’études britannique.
Certes, la performance reste inférieure aux prévisions établies avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, car le conflit a provoqué un choc durable sur les marchés de consommation mondiaux, notent les auteurs de l’étude. La hausse des prix de l’énergie, les perturbations du transport maritime et les dommages causés aux infrastructures alimentent une inflation des coûts qui touche de nombreuses industries.
La consommation ne décroche pas
Malgré tout, le marché résiste : contrairement à la pandémie de Covid-19, cette crise ne s’accompagne pas d’un effondrement de la demande, poursuit Euromonitor. Les consommateurs revoient leurs priorités sans pour autant cesser d’acheter.
Dans ces conditions, même dans l’hypothèse où les perturbations du détroit d’Ormuz se poursuivraient jusqu’en 2028, le marché mondial de la beauté conserverait une croissance de 1,8 % en 2026, anticipe la société britannique. Mieux : si le conflit se résout cette année, celle-ci atteindrait 1,9 %. Avant le début des hostilités, Euromonitor anticipait une progression de 2,5 %.
«En période d’incertitude, les consommateurs accordent davantage d’importance aux soins qu’ils s’apportent à eux-mêmes, en privilégiant les produits d’hygiène et de santé tels que les produits pour le bain et la douche, les parfums ou encore les soins bucco-dentaires», explique Amna Abbas, consultante senior chez Euromonitor International, citée dans un communiqué.
Le parfum tire le marché mondial
Si le marché fait preuve d’une telle résilience, c’est notamment grâce aux parfums. Un segment particulièrement dynamique au Moyen-Orient. Les marques de parfums arabes représentent environ 80 % de la valeur cumulée des principales marques de la région, soit 1,3 milliard de dollars en 2025. Selon Euromonitor, elles bénéficient notamment de stocks couvrant quatre à six mois d’activité et du maintien des opérations des compagnies aériennes du Golfe.
«Alors que le coût des ingrédients et des emballages augmente, et que les risques de contrefaçon et de commerce parallèle s’accroissent à mesure que la logistique se complexifie, les parfums continuent de tirer profit de leur positionnement en tant que produits de bien-être et de soins personnels abordables, offrant un réconfort psychologique en période d’incertitude», analyse l’étude.
Le conflit a néanmoins perturbé le début de la saison commerciale liée à l’Aïd et au Ramadan, entraînant un report de la demande des touristes vers les consommateurs locaux, mais les ventes ont continué à la fois en magasin et en ligne, limitant l’impact sur l’activité.
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