L’apprentissage, longtemps perçu comme une voie de garage, devient de plus en plus attractif. En 2021, le nombre de contrats a quasiment doublé en deux ans, selon le ministère du Travail.
Dans le secteur privé, 698 000 contrats ont été enregistrés, contre 510 300 en 2020 et 354 000 en 2019, soit un quasi-doublement en deux ans malgré la crise sanitaire. Si l’on rajoute les employeurs publics, ce sont 718 000 contrats qui ont été enregistrés, soit une hausse spectaculaire de 37%, après celle qui avait atteint 42% en 2020.
Si tous les niveaux de diplômes ont progressé dans le privé, cette augmentation est particulièrement soutenue par l’enseignement supérieur, qui représente 62% des contrats d’apprentissage, contre 22% pour les CAP et 15% pour le baccalauréat. Pour autant, la progression dans le supérieur «ne se fait pas au détriment des niveaux bac et infra bac», là où son effet sur l’insertion dans l’emploi est le plus fort, a tenu à souligner Elisabeth Borne auprès de l’AFP.
Au total, six jeunes sur dix sont en emploi six mois après la fin de leur apprentissage. On notera que coiffure et l’esthétique restent dans la moyenne avec un taux d’insertion de 58%. Plus de 70% des apprentis sont dans les services (commerce, gestion, banque, communication, restauration, coiffure…), 15% dans l’industrie et 11% dans la construction. La coiffure et les soins de beauté, pour leur part, ont signé, 23 500 contrats d’apprentissage, juste derrière l’hébergement et la restauration (28 061).
Une réforme qui coûte cher
Alors que la France a été longtemps très en retard par rapport à des pays comme l’Allemagne ou la Suisse, «on a une vraie révolution culturelle avec un développement de l’apprentissage à tous les niveaux de diplômes», a estimé la ministre du Travail, citée par l’AFP. Le coup d’accélérateur a été donné avec la loi «Avenir professionnel», qui a libéralisé l’apprentissage.
Reste une inconnue : son financement. Le déficit de France Compétences, qui redistribue l’argent collecté auprès des entreprises, se creuse. Malgré une subvention de 2,7 milliards d’euros, l’organisme a prévu un déficit de 3,7 milliards dans son budget 2022. «Le prochain gouvernement devra réfléchir au modèle de financement de l’apprentissage mais il ne faut absolument pas casser la dynamique. C’est un investissement qui en vaut la peine», a mis en garde Elisabeth Borne.
Les chiffres de l’apprentissage en 2021, ICI



