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Worldskills : « Une compétitrice en esthétique prend cinq ans d’avance sur le métier»

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Huit mois avant les épreuves mondiales, à Lyon, Profession bien-être a rencontré Myriam Legatelois, «experte métier» Worldskills International pour l’esthétique, qui va accompagner la jeune compétitrice Lola Rompillon durant toute sa préparation.

Profession bien-être : Comment allez-vous préparer Lola Rompillon ?

Myriam Legatelois : Même si je la connais déjà – j’ai pu apprécier son niveau pendant les compétitions nationales -, je dois maintenant la découvrir, voir comment elle travaille, comment elle va progresser, si elle est réceptive aux conseils de l’équipe métier, etc. Après, on s’adapte !

On a un centre d’excellence et des fournisseurs qui nous aident, et Lola Rompillon est en alternance, en entreprise. Notre travail, c’est de nous appuyer sur tous ces atouts, afin qu’elle atteigne le meilleur niveau possible dans tous les domaines de l’esthétique, car n’importe quel sujet peut tomber pendant les épreuves. Et c’est toute la difficulté de la préparation…

Car on fait vraiment de tout, les mains, les pieds, les soins visages, les soins corps, les épilations, l’esthétique du regard, le brow lift, etc. Il faut que la compétitrice soit bonne partout, notamment dans les techniques nouvelles ! Par exemple, je suis à peu près sûre que la madérothérapie va sortir…

Comment faites-vous pour vous préparer à ces techniques, dont certaines ne sont pas encore enseignées dans les écoles ?

Si on n’a pas assez de compétences dans l’équipe, on va aller les chercher auprès de formateurs extérieurs. On a aussi la chance d’avoir des demoiselles qui ont vraiment une curiosité métier, elles s’intéressent à tout ce qui se passe et elles vont chercher à en savoir plus, et, quelque fois, elles nous précèdent ! On dit toujours : attention, dans la compétition, ils vont certainement nous sortir des nouvelles techniques… Et les compétitrices l’intègrent très vite. 

Vous ne connaissez pas les épreuves à l’avance ?

On les a un peu avant, mais il y a toujours des sujets secrets. On sait que les organisateurs vont nous sortir quelque chose un peu au dernier moment. Cela veut dire qu’il faut qu’on anticipe et ce n’est pas toujours évident. Là où cela devient difficile, c’est quand on nous sort du chapeau des produits de maquillage le dernier jour !

On ne les a pas utilisés, on ne sait pas comment ils fonctionnent et, parfois, on ne les a peut être pas dans notre propre pays, quand les compétitions ont lieu à l’étranger… Il faut alors en deux temps trois mouvements s’adapter et improviser pour rester le plus proche du sans fautes.

Concrètement, comment se déroulent les épreuves ?

Il y a entre huit et dix épreuves, réparties sur les quatre jours de la compétition (11 au 14 septembre, NDLR). Cela peut être des épreuves du type «speed modules». Vous devez faire une épilation avec du sugaring en 25 minutes, installation de la cliente comprise. Et puis, vous devez enchaîner avec un soin du corps, avant de passer à une beauté des pieds… Comme en institut !

C’est beaucoup d’heures, beaucoup de fatigue, et les dernières épreuves sont souvent dédiées à la créativité, avec un maquillage. Il peut aussi y avoir du nail art, où vous avez des travaux extrêmement précis et un travail imposé au dernier moment, et c’est souvent là où la compétitrice s’essouffle. C’est à ce moment précis qu’il faut qu’elle tienne.

D’où la préparation mentale pendant tous ces mois…

Et physique ! Comme en institut, il y a toujours des impondérables. Le moment où on renverse quelque chose : c’est tombé par terre, comment je fais ? On les fait travailler dessus. On les fait travailler dans le bruit, parce qu’il va y avoir du bruit. On les fait travailler sur tous types de clientes, certaines avec une corpulence un peu forte.

Il faut que la compétitrice puisse s’adapter à tout ce qui peut se passer dans un institut, sauf que là, c’est devant un public, dans le cadre d’une compétition, avec un timing et 25 autres pays… Vous savez, l’esthétique se pratique en «one shot». Un massage doit être impeccable du début jusqu’à la fin, mais une fois qu’il est fini, on ne peut pas y revenir. Il faut être sur le plus que parfait dès le départ.

Vous êtes experte métier Worldskills International depuis 2018, également gérante de l’École d’esthétique-cosmétique de Tours. Comment faire face à l’inévitable stress ?

Le stress va arriver à un moment. Il faut juste éviter qu’il ne devienne bloquant. On aide les compétitrices à en faire quelque chose d’utile pour qu’elles sachent comment le canaliser et s’en servir pour se booster.

Comment se gère l’après compétition ?

On essaie d’en parler beaucoup. Je leur dis toujours : sortez vos mouchoirs, parce que le jour de la remise des médailles, tout le monde pleurera, moi la première ! Sur les 25. Il y en aura 3 qui vont pleurer, parce qu’elles seront sur le podium, et 22 qui pleureront, parce qu’elles ne seront pas sur podium ! Heureusement, elles ont aussi une possibilité d’avoir une médaille d’excellence si elles obtiennent un certain nombre de points.

Qu’est-ce que vous attendez des compétitrices ?

L’envie et le courage, beaucoup de curiosité, qu’elles soient intéressées par tout ce qui peut se passer autour de notre métier. Il faut toujours être au top de la nouveauté. 

Qu’est-ce que cette expérience exceptionnelle peut leur apporter dans leur vie professionnelle ?

On a l’habitude de dire qu’elles prennent cinq ans d’avance sur le métier par rapport aux esthéticiennes du même âge, parce qu’elles vont accumuler énormément d’expérience.

Ces compétitions sont-elles accessible à toutes les esthéticiennes ?

Les jeunes esthéticiennes qui veulent progresser, qui ont envie d’apprendre et font preuve de curiosité, je les engage vraiment à se lancer dans la compétition. D’abord, au niveau régional, même si elles ne vont pas plus loin, car cela les fera déjà monter en niveau. Bien sûr, il n’y en aura qu’une qui ira jusqu’aux compétitions internationales, mais elles seront repérées par les professionnels, les marques. Souvent, elles sont «happées» par le métier…

Propos recueillis par Georges Margossian.

LIRE AUSSI : Coiffure et esthétique : les coulisses de la préparation pour les Worldskills

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