Profession bien-être : Est-ce que les esthéticiennes sont à l’aise avec les cosmétiques naturels ou bio?
Marina Simon : J’ai la sensation que, depuis 2020, c’est un marché qui évolue. Quand on a été confinés, les clientes ont eu l’occasion de se documenter sur ce que contenaient réellement les produits cosmétiques. Elles se sont rendues compte que, dans les cosmétiques traditionnels, il y a souvent du pétrole et très peu d’ingrédients actifs. Aujourd’hui, ce sont les clientes qui demandent à leurs esthéticiennes des cosmétiques bio ou naturels en cabine ou pour leur routine d’utilisation à domicile.
Pour une esthéticienne, est-ce que c’est plus compliqué de vendre du bio ou du naturel ?
J’ai l’impression que c’est, au contraire, de plus en plus facile. J’ai commencé à travailler en bio dans mon propre institut en 2004, parce que mon papa était homéopathe. C’était vraiment un épiphénomène. Il y avait une large majorité des clientes qui ne comprenaient pas, parce qu’elles étaient très absorbées par le côté marketing des marques. Elles étaient plus enclines à faire confiance à des marques très célèbres.
Aujourd’hui, la tendance du marché est en train de grandir progressivement, parce que les consommatrices, grâce aux médias et aux réseaux sociaux, commencent à identifier les bons ingrédients. Elles ne regardent plus le nom d’une marque, elles regardent ses composants. D’où la clean beauté ou des applications comme Yuka qui ont de plus en plus de succès, parce que les clientes font vraiment attention à la composition de leurs produits cosmétiques.
Vous avez opté pour le label Slow Cosmétique. Pourquoi ?
Parce que je trouve qu’ils vont plus loin que le labels traditionnels. Il faut que la formule soit propre pour l’environnement et pour la santé, mais Julien Kaibeck, son fondateur, va plus loin, avec le côté transparent et le côté authentique de son label. Il y a tellement eu de marques traditionnelle qui ont fait croire aux consommateurs qu’on allait perdre 10 ans en mettant une crème toute une nuit pendant 10 nuits !
Vendre des cosmétiques bio et naturels dans un institut de beauté exige des compétences particulières ?
Oui. L’esthéticienne doit quand même se former à un discours qui est tout à fait différent de celui qu’on a connu avec les marques traditionnelles. Les fondements même du produit bio ou naturel ne sont pas du tout les mêmes. On ne s’attache pas au marketing, au nom d’une marque, à la beauté d’un packaging ou à de jolies publicités…
Ce qu’on regarde vraiment, c’est les ingrédients, parce que le consommateur final se rend compte que la nature est parfois beaucoup plus efficace que la chimie. Les résultats qu’on peut obtenir si on utilise un produit cosmétique bio, c’est aussi un des grands arguments.
L’esthéticienne doit déjà faire la démarche de présenter cette philosophie et de montrer les résultats qu’on peut obtenir en cabine. Quand la cliente va se rendre compte, après son soin visage, de l’efficacité de la nature, ça va évidemment lui ouvrir la porte d’un monde qu’elle ne connaît pas forcément.
Propos recueillis par Georges Margossian.
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