Dans le monde esthétique, nous connaissons tous des praticiennes qui «adaptent» les protocoles de soin qu’elles ont appris lors de leurs différentes formations. Les formateurs vous le confirmeront : un mois après la formation, rares sont les esthéticiennes qui peuvent reproduire parfaitement, dans ses moindres détails, le protocole qui leur a été transmis. C’est pourquoi il est conseillé de prévoir une petite remise à niveau quelques semaines plus tard (et cela peut se faire en visio !).
En effet, chaque esthéticienne possède « sa » méthode, celle qu’elle expérimente au fil des mois et des années sur ses clientes. Rien à redire à cette attitude. Il n’est jamais mauvais de remettre en cause les idées reçues. Mais jusqu’ou peut-on aller à contre-courant ? À quel point précis, «l’amélioration» de l’efficacité risque-t-elle de provoquer une catastrophe ? C’est ce que je vous propose d’explorer ensemble.
#1 – La vapeur : allez-y doucement !
Certaines clientes raffolent de la vapeur, d’autres la détestent… Le vapozone fait pourtant partie de l’équipement de base d’un institut classique. On l’utilise généralement après le gommage, avant la phase d’extraction.
Pour les peaux sensibles, beaucoup de praticiennes optent pour le vapozone. Mais en fait, il serait plus prudent d’y renoncer, car la vapeur peut provoquer des ruptures de capillaires, en particulier pour les personnes atteintes de rosacée. Car, de façon paradoxale, alors que la vapeur est censée hydrater, elle peut provoquer une sécheresse en privant l’épiderme de ses huiles naturelles. Elle peut aussi aggraver l’acné.
En cas de doute, utilisez, comme les Japonais, des serviettes chaudes et humides pour faciliter les extractions : c’est nettement plus agréable pour la cliente. Cela vous évitera aussi d’acheter un appareil supplémentaire. Pour l’hydratation, préférez un masque et des sérums à l’acide hyaluronique.
#2 – Ne prenez aucune liberté avec l’hygiène
C’est le point sur lequel il ne faut pas transiger. Désinfectez vos mains et les surfaces avant et après chaque cliente. Nous parlons ici de tous les points de contacts, y compris les poignées de porte, les interrupteurs et les produits. Respectez scrupuleusement les conditions dans lesquelles vous exercez, en particulier les prestations de démographie et de maquillage permanent et les extensions de cils.
#3 – Ne vous substituez pas au médecin
Même si certaines technologies jadis réservées aux médecins sont aujourd’hui à la portée des esthéticiennes, ne vous prenez jamais pour un médecin. Dès que vous avez un doute concernant un traitement, envoyez votre cliente consulter un médecin. Une douleur inhabituelle, un grain de beauté qui s’est modifié de façon suspecte ? Avertissez votre cliente et conseillez-lui d’aller voir un médecin. Non seulement vous vous serez couverte en cas de problème, mais vous lui aurez rendu service. Elle vous en saura gré.
#4 – L’épilation à la cire : pas de concessions
Les règles enseignées à l’école sont claires : toujours préparer la peau avant l’épilation et appliquer un produit après pour apaiser la peau et l’hydrater. Mais voilà… Par le passé, les esthéticiennes utilisaient du talc pour préparer la peau, mais depuis qu’il a été signalé comme cancérigène, la préférence des clientes va surtout à l’huile. Cela semble curieux, mais cette pratique fonctionne, tout en rendant l’épilation moins douloureuse.
L’épilation brésilienne – le maillot intégral – pose plus de problèmes. Il faut nettoyer d’abord la peau, puis appliquer une huile pré-épilation pour protéger la peau. Après l’épilation, il faut appliquer une huile post épilation ou un gel rafraichissant apaisant. Les choses se compliquent encore avec le sillon inter-fessier.
Appliquer de l’huile entre les fesses donne une sensation visqueuse et le gel rafraîchissant n’est pas plus agréable. Nettoyez simplement pour éliminer toute trace de cire. Et si vous optez pour une poudre, assurez-vous qu’elle ne contient pas de talc et que votre cliente ne porte pas du noir : la poudre a tendance à se transférer sur les vêtements lorsque la cliente se rhabille.
#5 – Les produits post-épilation à base d’acides de fruits
Evitez d’appliquer un produit post épilatoire aux acides de fruits immédiatement après l’épilation. Bien sûr, ils évitent les poils incarnés et les irritations, mais même les fabricants sont prudents et recommandent de ne les appliquer qu’après 24 et 48 heures. Ne prenez pas le risque.
Seule exception : pour les zones sujettes aux éruptions et aux irritations, comme la lèvre supérieure ou le maillot, l’application immédiate d’un produit à base d’acide salicylique, glycolique ou lactique peut réduire le risque d’éruption cutanée, et l’irritation disparaitra plus vite. Procédez simplement avec prudence en vérifiant bien que votre cliente n’est pas allergique.
#6 – La position de la cliente
Parfois, ce qui empêche la cliente de revenir, ce n’est ni l’hygiène ni la technique employée, mais tout simplement la position du corps. Tout le monde n’aime pas se retrouver nu à partir de la taille dans la position du bébé heureux ou encore à quatre pattes. Il vaut mieux épiler le sillon inter-fessier en demandant à la cliente une jambe à la fois ou simplement de s’allonger sur le ventre.
L’important est d’avoir le haut du corps a plat et détendu. Si la cliente est à plat ventre, mais s’appuie sur ses coudes, elle réserve instinctivement les fesses. Le plus simple reste de lui demander dans quelle position elle se sent le plus à l’aise. Il existe toujours des alternatives.
LIRE AUSSI : Soins esthétiques : la magnétophorèse, une technique à double effet




