Maquillage permanent : des encres désormais interdites dans l’UE

DES PIGMENTS INTERDITS

Une vingtaine de substances chimiques contenues dans les encres de tatouage ou le maquillage permanent sont désormais interdites depuis le 4 janvier dans toute l’Union européenne, qui les juge dangereuse pour la santé.  

Adopté en décembre 2020, le règlement établissant la liste de ces substances prohibées ou restreintes (notamment mercure, nickel, chrome, cobalt, méthanol, certains colorants rouges, orange, jaunes, violets et bleus) est entré en vigueur ce mardi. Au total, 25 pigments sont dorénavant interdits et la concentration maximale de plus de 4 000 substances contenues dans les encres a été baissée, selon la nouvelle réglementation européenne.

Pour la plupart des substances interdites, il existe sur le marché des alternatives sans danger pour la santé, assure la Commission, qui a prévu un délai de grâce est prévu pour les colorants «bleu de phthalocyanine» (Pigment Blue 15:3) et «vert de phthalocyanine» (Pigment Green 7), dont l’interdiction ne sera effective qu’à partir du 4 janvier 2023, afin de donner le temps aux tatoueurs de trouver des solutions de remplacement sûres.

Les restrictions adoptées couvrent des substances et colorants qui peuvent être cancérigènes, entraîner des mutations génétiques, affecter les capacités reproductrices, causer des allergies cutanées ou d’autres effets nocifs pour la santé, a expliqué une porte-parole de l’exécutif européen, Sonya Gospodinova, lors d’un point de presse. Elle s’appuie sur un rapport de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), remis en 2019 à la Commission.

Un risque d’exposition à long terme

Dans ce document, les experts estiment que les pigments d’encre peuvent «migrer de la peau vers différents organes, tels que les ganglions lymphatiques et le foie». Ils soulignent aussi que les produits chimiques nocifs contenus dans les encres peuvent se répandre dans l’organisme à l’occasion d’un retrait du tatouage au laser, qui «décompose les pigments et autres substances en plus petites particules».

«Etant donné que les produits chimiques utilisés dans les encres de tatouage et le maquillage permanent peuvent rester dans l’organisme toute la vie, il existe également un risque d’exposition à long terme aux ingrédients potentiellement dangereux», peut-on encore lire dans ce rapport, selon lequel «les réactions allergiques chroniques et d’autres réactions inflammatoires cutanées (…) devraient diminuer», grâce à la nouvelle règlementation, et qu’«il pourrait en aller de même pour des effets plus graves tels que des cancers ou des lésions causées à notre ADN ou au système reproducteur».

Avec l’AFP.

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