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Encres de tatouage : 25 pigments interdits à partir du 4 janvier

TATOUAGE PIGMENTS

À partir du 4 janvier, 25 pigments seront interdits et la concentration maximale de plus de 4 000 substances contenues dans les encres sera baissée, selon une nouvelle réglementation européenne. 

Tout a commencé en 2015 quand la Commission européenne a demandé à l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) d’évaluer la sécurité des pigments utilisés dans les encres de tatouage. Quatre ans plus tard, l’ECHA a remis son rapport, dans lequel elle propose de restreindre plus de 4 000 substances, voire d’interdire certains pigments comportant, selon elle, des éléments cancérigènes, mutagènes ou toxiques.

L’Union européenne adoptera ces recommandations en décembre 2020 dans un règlement qui doit entrer en vigueur l’an prochain. Le texte prévoit une mise en œuvre en deux étapes. Dans un premier temps, 25 pigments seront bannis et plus de 4 000 substances ne seront autorisés qu’à des seuils très bas dès le 4 janvier. Puis, un an plus tard, deux pigments supplémentaires, le Pigment Blue 15 :3 et le Pigment Green 7, seront à leur tour interdits.

L’objectif du législateur est d’accorder une période transitoire de deux ans avant de les interdire pour permettre aux formulateurs d’encre de trouver des alternatives plus sûres. «Les parties prenantes ont souligné que seuls deux de ces colorants, à savoir les deux colorants à base de phthalocyanine, Pigment Blue 15:3 et Pigment Green 7, étaient essentiels pour le tatouage, parce qu’il n’existait pas de solutions de remplacement plus sûres et techniquement adéquates», peut-on lire dans le règlement.

« Aucune preuve scientifique de toxicité »

Une décision qui risque de fragiliser durablement la profession. «La décision d’interdire les deux pigments se fonde non sur un risque avéré mais sur une absence d’évaluation de sécurité. Leur bannissement va conduire de fait à une exclusion de plus de 60% des gammes de couleurs actuellement sur le marché», s’étonne le Syndicat national des artistes tatoueurs (Snat) sur son site, qui a lancé une pétition européenne.

Pour le Snat, le rapport «s’est essentiellement appuyé sur des bases règlementaires applicables aux cosmétiques» et ne présente «aucune preuve scientifique de toxicité des pigments bannis». Le syndicat déplore également qu’il n’y ait pas de «données propres aux tatouages qui permettraient de définir des seuils cohérents».

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