Profession bien-être : En quelques mots, qu’est-ce que vous proposez ?
Sylvain Delteil : Nous sommes spécialisés au départ dans le software de service. Ce sont des briques technologiques que nous offrons à nos clients, c’est-à-dire une technologie qui va venir s’intégrer dans leur environnement. Si je suis une marque de cosmétiques, je peux ainsi proposer du maquillage virtuel sur mon site Web.
Des diagnostics de peau, vous en faites depuis longtemps ?
Oui, depuis très longtemps. On a commencé historiquement par le make-up et, comme toutes les maisons de maquillage font aussi du soin, elles nous ont demandé de compléter ce service. C’est comme ça qu’on s’est développé. Deux ans après notre lancement, on s’est lancé dans le soin.
Comment l’intelligence artificielle est-elle arrivée dans vos solutions ?
Dans le soin, l’intelligence artificielle est arrivée très vite avec ce qu’on appelle le «deep learning», et donc l’apprentissage profond, qui désigne la capacité d’analyser beaucoup d’images d’imperfections du visage et de comprendre la différence entre des problèmes. En fait, la machine apprend comme font les médecins avec des images qui sont annotées, puis il y a un moment où elle arrive à savoir repérer exactement vos critères de peau.
Ce qui nous amène aux besoins des professionnels, avec une offre particulière, le Skincare Pro…
Oui. Le Skincare Pro, c’est une offre packagée. Cette fois, on ne va plus parler de briques, mais d’une solution tout-en-un, et donc d’une application que les dermatologues vont pouvoir positionner dans leurs cabinets ou des pharmacies. Le client va pouvoir analyser sa peau et avoir des recommandations en lien avec la boutique ou le dermatologue.
Vous vous adressez aussi à l’institut de beauté et au spa ?
Absolument. L’idée, c’est que tout le monde n’est pas médecin, et donc il faut aussi être capable de faire des préconisations précises et personnalisées. Cet outil va aider la conseillère à trouver la bonne physiologie et la bonne crème en fonction de la demande de la cliente.
Comment ça marche ?
On va regarder votre visage et on va extraire des spécificités. Par exemple, si vous avez des rides, ça va être le critère principal à traiter. On va pouvoir ensuite faire une recommandation si vous souhaitez une amélioration, même par zone du visage, car il y a des rides autour des yeux ou de la bouche.
Les recommandations se font principalement sur une marque donnée ou peuvent-elles aussi concerner tous les produits d’un institut de beauté ou d’une parfumerie ?
Aujourd’hui, c’est plus facile de travailler marque par marque. Quand on travaille avec Avène ou dans le très haut de gamme avec la maison Valmont, les recommandations sont faites sur leur propre gamme de produits. Mais on peut très bien imaginer qu’un distributeur multi-produits puisse lui aussi choisir de recommander.
Est-ce qu’on peut aussi utiliser vos solutions comme un outil de perfectionnement pour les professionnels ?
Absolument. On rajoute cette couche de GPT, d’échanges, qui va rendre très personnel le conseil, c’est-à-dire qu’on va remplacer en partie une assistante, qui va poser les bonnes questions pour vous aider à trouver les bonnes solutions pour vos clients.
Quand vous dites «remplacer», ça veut dire que la cliente va poser ses questions à un appareil placé dans la boutique ?
Non, je voyais plutôt l’usage sur des services en ligne. Dans les spas ou les instituts, vous avez un personnel qui est disponible. Par contre, quand vous voulez avoir un service en ligne avec un premier niveau d’information, là, effectivement, le Beauty GPT ou le Skincare GPT vont vous aider à apporter un niveau d’hyper personnalisation à votre cliente. Cela augmente la crédibilité et, finalement, la confiance dans la marque.
Propos recueillis par Georges Margossian.
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