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L’acide hyaluronique, en vente libre, bientôt réservé aux seuls médecins

Acide hyaluronique

Aujourd’hui, les produits injectables à base d'acide hyaluronique sont en vente libre en pharmacie. Face à la multiplication des actes illégaux de médecine esthétique, un projet de décret prévoit de limiter leur délivrance aux médecins et aux chirurgiens-dentistes.

Depuis trois ans, les affaires d’injections illégales alimentent régulièrement la rubrique des faits divers des journaux. Avec des complications «parfois gravissimes», pouvant entraîner, dans certains cas, «des septicémies, des gangrènes et des hospitalisations en réanimation, engageant le pronostic vital de jeunes patients», alertaient des chirurgiens esthétiques, au printemps dernier, dans une tribune parue dans Le Parisien.

Les profils sont souvent les mêmes. Bien souvent, des jeunes femmes non médecins, parfois esthéticiennes ou coiffeuses, attirées par l’appât du gain, proposent d’accéder à des soins médicaux esthétiques low cost, dont les prix sont bien inférieurs à ceux pratiqués par les cabinets de médecine esthétique.

Ces «fake injectors», qui sont poursuivis pour exercice illégal de la médecine, peuvent aujourd’hui se procurer, en toute légalité, des produits de comblement comme l’acide hyaluronique, puisque ces derniers sont en vente libre dans les pharmacies et les distributeurs en ligne.

Restreindre leur accès aux seuls médecins habilités à la pratique de ces actes était donc la première mesure que demandaient les chirurgiens et les dermatologues, rejoints par l’Ordre des médecins, qui plaide également pour un meilleur encadrement des professionnels de santé.

Interdiction de la vente en ligne aux particuliers

Et leur appel semble avoir été entendu par le législateur. Le ministère de la Santé a préparé un projet de décret visant à «encadrer la délivrance des dispositifs médicaux et des produits à base d’acide hyaluronique injectables». «Il limite ainsi la délivrance de ces produits aux médecins et chirurgiens-dentistes pour leur usage professionnel, ou, sur leur prescription, à un patient», précise le texte, qui prévoit aussi l’interdiction de la vente en ligne de ces produits aux particuliers, ainsi que leur importation via le Web. 

«Avec ce projet de décret, on a quand même quelque chose qui va faire un peu avancer les choses. Il était urgent de légiférer, pour éviter que n’importe qui puisse se procurer ce produit», se félicite Isabelle Rousseaux, membre du bureau du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV).

«Dans ce type d’intervention, on peut injecter de l’acide hyaluronique dans une artère, si on n’est pas médecin. On peut aussi provoquer des nécroses et même rendre les gens aveugles», met en garde la dermatologue. Une première étape, donc, pour le SNDV, qui souhaite, par ailleurs, que la médecine esthétique soit mieux encadrée.

Ce projet de décret fait toutefois l’objet d’une procédure de notification auprès de la Commission européenne, qui retardera d’au moins trois mois sa mise en oeuvre. Une période au cours de laquelle la France ne pourra pas modifier la législation actuelle, afin de permettre à l’Union européenne de donner son avis.

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