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La notion de « belle peau » vue par les dermatologues esthétiques

BELLE PEAAU

Ils exercent la dermatologie médicale et esthétique avec la même exigence. Lors de leur congrès annuel, ces médecins spécialistes ont disserté sur un sujet qui n’avait rien d’une conversation futile : qu’est-ce qu’une belle peau ?

Le dermatologue s’occupe des maladies de la peau, des phanères et des muqueuses, mais il est de moins en moins rare qu’il saute le pas pour proposer à ses patients une prise en charge globale, un peu comme un prolongement de sa spécialité.

«Plus le temps passe, plus je trouve que la dermatologie est esthétique par essence même, parce que, quoi que vous fassiez, vous affichez votre peau», faisait observer le Dr Serge Dahan, président du groupe dermatologie esthétique et correctrice (gDEC), rattaché à la Société française de dermatologie (SFD), lors d’une conférence de presse, qui présentait les principales thématiques de ce congrès annuel.

Les patients veulent une « belle peau »

Mais il faut avoir l’oeil, insistent les spécialistes, pour faire le tri entre une vraie maladie et une petite imperfection. «On va passer d’une acné avec sa composante médicale au traitement des cicatrices d’acné. Ou alors, avec un patient qui vieillit, on va avoir à la fois des kératoses, des cancers de la peau, mais il va aussi vous demander de traiter sa couperose… », poursuivait le dermatologue toulousain.

De là à se positionner comme les véritables spécialistes de la peau, sous tous ses aspects, il n’y avait qu’un pas, que la dermatologie esthétique a vite franchi. Les «Journées de dermatologie esthétique», organisées par le gDEC, les 17 et 18 novembre, n’avaient-elles pas, pour thème central, «une belle peau» ?

«Avoir une belle peau, c’est l’une des principales demandes auprès du dermatologue. Et à tous les âges, avec, à chaque fois, des attentes différentes, parce que la peau évolue», relevait le Dr Séverine Lafaye, Pour autant, pas question d’oublier le serment d’Hippocrate.

Alors que l’Ordre national des médecins appelait, en mai, à la création d’une pratique réglementée pour la médecine esthétique, les dermatologues, qui suivent une formation esthétique dans leur cursus initial, estiment que cette double casquette leur va comme un gant. Le gDEC a d’ailleurs créé un «label de qualité» avec une charte éthique.

Un impact sur l’image de soi

Acné, rosacée débutante, joues rouges, inconfort… «On voit bien à travers tous ces exemples qu’il est absolument impossible de scinder dermatologie esthétique et dermatologie médicale», faisait valoir le Pr Gaëlle Quéreux, présidente de la SFD, devant ses confrères. 

«Il y a un retentissement des maladies de la peau qui est considérable sur l’image de soi, l’estime, la souffrance morale. On a tous vu des patients atteints d’un psoriasis sévère qui ne veulent pas entamer une relation intime, aller à la piscine… C’est encore plus vrai pour tout ce qui est dermatose faciale», ajoutait l’enseignante, cheffe du service de dermatologie au CHU de Nantes.

Dans leurs cabinets, ces ultra-spécialistes de la peau doivent aussi composer avec des attentes moins médicales, constatait, de son côté, le Dr Muriel Creusot, dermatologue en Belgique : «On a une demande croissante de prise en charge globale du visage, avec des produits qui agissent tant sur les rides, l’ovale du visage que sur la texture cutanée». 

Se sentir d’abord bien dans sa peau

La «belle peau», nouvelle quête existentielle de nos contemporains ? Certes, mais de quoi parle-t-on précisément ? Même s’il en a fait le fil conducteur de son congrès annuel, le Dr Serge Dayan est bien en peine d’en donner une définition consensuelle, car, entre le patient et le médecin, il faut déjà se mettre d’accord… 

«Le patient va vouloir une peau avec un éclat, une bonne hydratation, sans petites imperfections, tandis que, pour le médecin, ce sera davantage un problème d’équilibre, au niveau du microbiote, des rougeurs, de la pigmentation, du teint ou de la tonicité. Une belle peau, pour moi, c’est d’abord la peau d’un patient qui va être bien dans sa peau», résumait le dermatologue.

Bref, il ne faut pas forcément se sentir beau pour se sentir bien. Mais alors, que dire : «belle peau» ou «bonne peau» ? On s’y perd ! Le Pr Gaëlle Quéreux coupe la poire en deux : «On confond souvent ces deux notions. Dans notre cas, peut être qu’on a envie aussi que nos patients aient à la fois une belle mais aussi une bonne peau, c’est-à-dire une peau qui soit confortable, qui ne tiraille pas. En résumé, une peau qui soit saine». À bon entendeur…

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