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Détatouage : « Notre objectif est d’aboutir à une réglementation claire » (UPB)

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Flou juridique, tensions avec les médecins… Dominique Munier, président de l’Union des professionnels de la beauté (UPB), revient sur les risques du détatouage pour les esthéticiennes et plaide pour une réglementation claire, fondée sur la certification des pratiques esthétiques.

Profession bien-être : Vous avez récemment alerté, avec la Cnep, sur les dangers liés à l’activité de détatouage pour les esthéticiennes. Pourquoi cette prise de position ? La DGCCRF, qui réserve cette pratique aux seuls médecins, a-t-elle, selon vous, manqué de clarté sur le sujet ?

Dominique Munier : On pourrait dire que oui. Pour la simple et bonne raison que, quand on regarde les textes, il n’y a rien qui interdit le détatouage. Malgré cela, la DGCCRF, quand on consulte son site sur ce que les esthéticiennes ont le droit de faire, dit que le détatouage, seul, est réservé aux médecins. 

C’est important de le souligner, car, depuis des années, nous nous battons pour que cette profession ait une réglementation qui puisse permettre aux esthéticiennes de pouvoir pratiquer leur métier de façon sereine sans se poser la question : ai-je le droit ou non de faire telle ou telle activité ? 

Et ces « blancs », dans la législation, poussent certains fournisseurs à s’engouffrer dans la brèche en créant des tensions avec les médecins. Ce n’est pas satisfaisant du tout, car notre objectif est d’aboutir à une réglementation claire, reposant sur des règlements simples et une certification. 

Cette certification permettrait à chaque esthéticienne de savoir précisément ce qu’elle est autorisée à pratiquer. C’est vraiment notre ambition : que toute prestation esthétique – soin du corps, soin du visage, beauté des mains ou des pieds, ou encore technologie – soit encadrée par une certification obtenue par l’esthéticienne, garantissant qu’elle est bien habilitée à la réaliser.

De plus en plus d’esthéticiennes proposent de l’électrolyse, alors que cela leur est interdit. Comment expliquez-vous cette tendance ? Y a-t-il, là encore, un flou juridique autour de ces pratiques, selon vous ?

Non, ici, il n’y a pas de flou. Depuis des années, le législateur a toujours précisé que l’électrolyse était une infraction cutanée et ne pouvait donc pas être pratiquée par une esthéticienne. D’ailleurs, l’électrolyse n’est pas prise en charge dans les formations par les Opco. Clairement, cette activité n’est pas reconnue comme faisant partie de l’esthétique. 

L’arrêté publié en février sur les lasers esthétiques a-t-il permis de clarifier les choses concernant l’utilisation de ces appareils ? Quels ajustements ou compléments réglementaires préconisez-vous encore aujourd’hui ?

Je pense que cet arrêté est un bon texte, qui sécurise notre profession. On était tout à fait d’accord, et les échanges que nous avons eus avec le ministère de la Santé et la DGCCRF allaient dans le même sens : il fallait impérativement un cadre clair. C’est désormais chose faite. Il reste maintenant à le mettre en œuvre. 

Mais par souci de simplification et de mise en œuvre, le fait que des médecins interviennent, principalement au sein du jury, pour déterminer si une esthéticienne peut ou non pratiquer le laser esthétique constitue, c’est sûr, une contrainte pour nous. 

Mettre en place les formations, c’est simple : dans les écoles, nous allons trouver les professeurs de sciences appliquées dont on a besoin. La vraie question, c’est de savoir comment les médecins vont nous accompagner, et s’ils seront suffisamment actifs et réactifs pour que cela fonctionne.

LIRE AUSSI : Détatouage : la Cnep et l’UPB mettent en garde les esthéticiennes

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