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Détatouage : la Cnep et l’UPB mettent en garde les esthéticiennes

Détatouage au laser

En l’absence de cadre juridique précis et face aux restrictions qui réservent certaines techniques aux médecins, la Cnep et l’UPB déconseillent aux esthéticiennes de proposer des prestations de détatouage, une pratique qui pourrait les exposer à des sanctions.

Les esthéticiennes peuvent-elles légalement proposer des prestations de détatouage ? Dans un communiqué commun, la Confédération nationale de l’esthétique et parfumerie (Cnep) et l’Union des professionnels de la beauté (UPB) préfèrent rester prudentes. À ce jour, aucune réglementation spécifique ni jurisprudence établie ne vient encadrer cette activité. 

«En l’absence de réglementation claire et de jurisprudence établie sur le sujet, la Cnep/UPB estime qu’une trop grande incertitude subsiste sur les personnes autorisées à pratiquer ce type de soin», avertissent les deux organisations patronales. 

La tentation est grande, depuis le décret du 24 mai 2024, qui autorise les esthéticiennes à utiliser le laser pour l’épilation, de faire appel à ce type de technologie pour répondre à une demande grandissante des Français pour le détatouage. Pourtant, la loi est claire, rappellent la Cnep et l’UPB, cette autorisation ne concerne en aucun cas le détatouage, mais uniquement l’épilation.

«Selon le ministère de la Santé (JOAN du 1er septembre 2015, question écrite n°78110), cette technique doit être réalisée par un médecin, généralement un dermatologue», insistent les deux syndicats. La frontière est bien définie : toute destruction de tissu cutané reste un acte médical.

L’électrodermographe réservée aux médecins

Changer de méthode ne modifie pas la règle. Certains professionnels cherchent des alternatives au laser, comme l’électrodermographe, un appareil qui émet des impulsions électriques à haute fréquence pour brûler les couches superficielles de la peau et favoriser l’élimination des pigments. Cette technique, qui induit une brûlure cutanée contrôlée, est elle aussi strictement encadrée.

«De même, la pratique du détatouage au moyen d’un électrodermographe doit être réservée aux docteurs en médecine», poursuivent la Cnep et l’UPB. Là encore, selon elles, le fondement juridique ne laisse pas de place au doute : l’arrêté du 6 janvier 1962 précise que seuls les médecins sont autorisés à pratiquer «tout acte de physiothérapie aboutissant à la destruction, si limitée soit-elle, des téguments», citant notamment l’électrolyse, la cryothérapie ou l’électro-coagulation.

Dans tous les cas, la responsabilité professionnelle serait lourde à assumer, car le risque ne s’arrête pas au cadre légal. Les deux organisations professionnelles alertent sur les conséquences juridiques pour les esthéticiennes qui choisiraient, malgré tout, de pratiquer le détatouage. En cas de complication, comme une brûlure ou une réaction cutanée, leur responsabilité serait pleinement engagée.

Détatouage : la DGCCRF ferme le débat ? 

Contactée par Profession bien-être, la Cnaib-Spa affiche une position encore plus tranchée. Pour la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté, le détatouage est formellement interdit aux esthéticiennes, quel que soit le procédé utilisé. Elle s’appuie sur les règles énoncées par la DGCCRF.

Sur son site, la répression des fraudes souligne, sous la forme d’une tautologie, que «les pratiques de détatouage (destruction de pigments stockés dans le derme) sont réservées aux médecins, car, quel que soit le moyen utilisé (laser, produit chimique, grattage ou injection), la destruction de téguments est inhérente à la pratique.» En résumé, la porte du détatouage est fermée aux esthéticiennes. 

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