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Ce que révèlent les paupières sur la santé de la peau

Chirurgie des paupières

Il n’y a pas de chirurgie esthétique sans analyse préalable de la peau. Pour le Dr Michel Rouif, chirurgien plasticien à Tours, les paupières, dont le tissu est particulièrement délicat, donnent de précieuses indications sur la santé de la peau.

Profession bien-être : Est-ce que l’observation de la peau vous aide à réaliser vos interventions ?

Dr Michel Rouif : Oui, car quand on regarde la peau, on va aussi porter une indication différente. Le temps du Covid nous l’a montré, on ne peut pas examiner un visage sans le toucher et sans parler avec la patiente. Il faut qu’on aille toucher la joue, qu’on aille voir si la peau est élastique, comment elle réagit. À ce moment-là, on voit quelle est l’hygiène de vie, si la personne fume, l’élastose solaire, le fait que le soleil brûle parfois la peau et la rende moins élastique, ou encore la vie en ville, chargée de toxiques, etc.

En fonction de la peau, on ne va pas faire les mêmes techniques. On doit s’adapter. On ne peut pas avoir la même prétention sur une peau qui n’est pas élastique, peu hydratée ou intoxiquée, que sur une peau qui est en très bonne santé, avec laquelle on sait qu’on pourra faire plus de choses et où on aura un résultat dynamique, plutôt qu’un visage figé.

D’autant qu’au niveau des paupières, la peau est très fine. C’est un indicateur de mode de vie ?

C’est sans doute l’indicateur le plus puissant pour nous donner l’état général de la peau.

Comment prenez-vous en compte l’harmonie du visage ?

L’harmonie est importante. On ne peut pas se permettre d’avoir un résultat des paupières qui est bien avec un cou qui est très marqué… Ou l’inverse : une joue qui est détendue, un cou marqué, qu’on va traiter par un lifting, et avoir des paupières qui seraient, entre guillemets, vieillissantes ou fatiguées.

On est donc obligé, et ça nous arrive régulièrement, de dire au patient qu’il faudra parler d’autres parties de son visage. Ce n’est pas grave d’avoir l’air dix ans de plus ou dix ans de moins, ce qui compte, c’est d’avoir l’air bien dans sa peau et d’avoir confiance en ce qu’on est. C’est pour ça que notre traitement doit être harmonieux.

Comment évaluez-vous l’harmonie entre les lèvres, le nez et le regard ?

C’est un peu compliqué. Il y a des proportions à respecter, comme l’enseignent Léonard de Vinci et les écoles d’art et de dessin. Mais j’ajouterais que la texture, c’est aussi dans l’harmonie, tout comme l’éclat. C’est pour ça qu’après des liftings, par exemple, où on a remis en place, sculpté, il faut aussi qu’il y ait de la brillance. Pour cela, on peut faire du microneedling, par exemple, qui est la perforation par des toutes petites aiguilles avec de la vitamine C et de la vitamine A. On peut également faire des peelings, avant ou après. Ce sont des traitements périphériques, mais c’est important. On ne peut pas faire quelque chose qui est joli et puis ensuite la laisser à vau-l’eau… Il faut l’entretenir.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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