L’affaire Laurène Lévy contre BodyMinute pourrait devenir un cas d’école. Un exemple parfait de ce qu’il ne faut surtout pas faire face à une vidéo virale qui tourne en dérision une enseigne ou une marque : crédibiliser une parodie en tentant de la censurer… Résultat : la vidéo à l’origine de la polémique est plus virale que jamais.
Tout a commencé en 2022, quand Laurène Lévy, dans un style humoristique, raconte, sur son compte TikTok «laulevy», sa rencontre avec une esthéticienne dans l’un des salons de la chaîne. Entre moqueries sur les choix intimes de la cliente, remarques déplacées et répliques grinçantes, la vidéo postée met en lumière tous les stéréotypes associés à une séance d’épilation…
Critique virale ou simple moquerie ?
«Bienvenue chez BodyMinute, que puis-je faire pour vous ? Vous n’avez pas pris rendez-vous ? Alors, oui, je sais, BodyMinute, c’est sans rendez-vous à l’origine mais on privilégie les clientes ayant pris rendez-vous. Donc, il va falloir attendre 45 minutes», se moque l’influenceuse.
«Vous vous êtes rasée ces dernières semaines ? C’est très très dru, hein ? Vous avez des problèmes hormonaux ? Ah oui, ça se voit…», « vous n’avez pas fait de gommage avant de venir, c’est problématique, parce que là, les poils incarnés, on ne va pas pouvoir tout retirer, c’est un chantier», «mais votre compagnon, ça ne le dérange pas que vous ne fassiez pas le maillot intégral ? (…) Ah, vous n’avez pas de compagnon. Je comprends mieux.» : en moins de deux minutes, la créatrice de contenus enchaîne les piques qui feraient réagir n’importe quelle cliente.
Et les esthéticiennes, aussi. Car, bien que l’attaque cible sans ambiguïté l’enseigne – la vidéo s’intitulant «Les esthéticiennes passives-agressives de chez Body Minute» – le métier, dépeint de façon aussi caricaturale, en ressort quelque peu égratigné. Pour autant, fallait-il vraiment nourrir le feu de la polémique ? Jean-Christophe David, le patron de BodyMinute (300 franchisés et 480 instituts de beauté), a choisi de ne pas laisser la situation sans réponse.
«Cela fait deux ans que j’ai investi pour qu’on arrête de nous parler de cette histoire et que la vidéo de Laurène Lévy ne remonte plus quand on cherche BodyMinute sur les réseaux. J’ai essayé de la bouger sur son terrain de jeu à elle», explique le fondateur de l’enseigne à 20 Minutes. Sans succès, visiblement, car il a décidé de porter l’affaire devant la justice, après avoir envoyé plusieurs courriers à la tiktokeuse pour qu’elle retire ses vidéos.
Échanges par vidéos interposés
En attendant, le bad buzz enfle. Ce qui a relancé la polémique ? Une vidéo de BodyMinute qui tente de tourner en dérision l’influenceuse, surnommée «Laurène la haine». Postée le 31 décembre, elle a aussitôt provoqué la riposte de la jeune femme, qui a répondu en diffusant à son tour une séquence filmée, intitulée : «BodyMinute publie une vidéo mensongère à mon sujet»… Et cette fois, la spécialiste des réseaux sociaux détaille tous les faits qu’elle estime avoir subis de la part de la chaîne d’instituts de beauté, l’accusant de harcèlement.
Halte au feu ? BodyMinute a senti le danger. Dans une nouvelle… vidéo (!), l’enseigne tente d’éteindre l’incendie. «Nous avons entendu la volonté de la communauté TikTok d’apaiser la situation avec Laurène Lévy», déclare-t-elle. «Nous sommes prêtes à faire un geste en retirant nos poursuites et nos vidéos, mais nous souhaitons qu’elle comprenne et accepte notre demande de supprimer ses vidéos sur BodyMinute», ajoute la chaîne, faisant référence aux 2 500 femmes qui composent son équipe. Pas sûr que l’affaire s’arrête là.
LIRE AUSSI : « Le marché de l’esthétique n’est pas aujourd’hui très vaillant »




