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Franchises beauté : « Depuis deux ans, ce secteur perd des enseignes et progresse peu »

Franchises beauté

Crise sanitaire,  inflation, baisse du pouvoir d’achat… Dans l’esthétique et la coiffure, les enseignes de franchise sont dans l’attente d’un redémarrage du marché, explique Sylvain Bartolomeu, dirigeant associé du cabinet Franchise Management.

Franchise beautéProfession bien-être : Compte tenu du contexte économique – arbitrages des ménages, hausse des défaillances dans l’esthétique et la coiffure… -, les réseaux développés en franchise dans le secteur de la beauté ont-ils continué de recruter ?

Sylvain Bartolomeu : Ils ont continué de recruter des candidats, avec plus de 3,7% de croissance de points de vente, selon les statistiques publiés par la Fédération française de la franchise. C’est toutefois l’avant-dernier secteur en termes de croissance. Le nombre de points de vente a un peu progressé, mais on peut dire que c’est plutôt une stagnation aujourd’hui. Depuis deux ans, en effet, ce secteur perd des enseignes et progresse peu en nombre de points de vente. C’est un secteur d’activité qui est aujourd’hui en repositionnement et en questionnement.

Comment expliquez-vous ce ralentissement ?

Il y a deux choses. D’abord, un impact économique, avec les conséquences de la crise Covid et des consommateurs qui ont tardé à revenir, l’inflation et le sujet du pouvoir d’achat. Ensuite, il y a eu des changements d’attente très forts de la part des consommateurs. Il suffit de regarder, dans la coiffure, le développement des marques de type barber, pour voir que les consommateurs ont évolué dans leur rapport à l’esthétique et à la coiffure.

Comment voyez-vous l’évolution en 2024 ?

Je pense qu’on est dans une phase de consolidation. 2024 ne va pas être l’année du redémarrage complet. Il y a encore plein de signaux qui laissent entendre que la première partie de l’année va être en dents de scie. L’un de nos indicateurs, c’est le volume des candidats à la franchise. Et aujourd’hui, il n’est pas revenu à un volume équivalent à ce qu’on avait avant le Covid. Donc, on est sur un marché qui est en redémarrage mais au tout début du redémarrage…

On assiste à un mouvement de concentration depuis quelques années, avec la constitution du groupe Novi, Ieva Group, L’Onglerie (réseaux By V), etc. : le marché de la franchise beauté sera-t-il de moins en moins atomisé dans les années à venir ?

Oui et c’est un phénomène global qui touche tous les secteurs d’activité. En fait, il y a deux sujets qui changent. Le premier, c’est le renforcement de la gouvernance, soit avec l’entrée de fonds d’investissement dans le capital, soit avec des rapprochements de réseaux, pour avoir une taille critique suffisante qui va permettre de réengager le développement.

La coiffure connaît depuis longtemps une forte concentration des franchiseurs (Vog, Dessange, Provalliance, etc. ). Où en est le marché de la franchise aujourd’hui pour ce secteur ?

Oui, il y a eu ces grands phénomènes de concentration avec des grands groupes qui opèrent sur plusieurs marques. Aujourd’hui, ils sont en phase de questionnements sur le type de restructuration qu’ils doivent mettre en oeuvre, pour pouvoir redémarrer et relancer le développement de certaines de leurs marques. L’autre problème qui se pose, c’est le public des franchisés qui peut être vieillissant, et donc la revente de leurs établissements à de nouveaux franchisés. C’est un sujet qui concerne toutes les marques qui se sont lancées sur le marché des réseaux il y a une trentaine d’années.

Entre les enseignes à bas prix et le haut de gamme, le moyen de gamme, dans la coiffure, a-t-il encore une carte à jouer ?

Le marché est en train de s’éclater sur ces deux phases-là, c’est-à-dire une phase très premium, tirée par une demande d’expérience consommateur plus forte, quelque chose de plus personnalisé, et, de l’autre côté, un sujet lié au pouvoir d’achat, une offre low cost. Cette tendance questionne aussi les grands groupes, qui doivent se positionner sur plus de segments et ne plus avoir en fait un réseau avec une marque moyenne gamme qui répond à toutes les attentes.

Aujourd’hui, on voit donc ces grands groupes créer des marques sur le marché des barbers, réactiver des marques d’entrée de gamme, qu’ils avaient peut-être un peu laissées en suspens, et pouvoir ainsi se positionner sur des offres différentes adaptées aux clients, qui sont devenus multifacettes.

Dans ces conditions, est-ce qu’il y a encore de la place pour les jeunes enseignes indépendantes ?

Le grand perdant de ces dernières années, c’est le commerce indépendant isolé. Toutefois, le petit indépendant isolé sur un marché où les réseaux sont absents ne perd pas encore s’il arrive à sortir son épingle du jeu, soit sur de l’ultra luxe, soit sur du haut de gamme. Mais derrière, dès que les machines réseau se mettent en place, cela devient très compliqué pour lui.

Propos recueillis par Georges Margossian.

LIRE AUSSI : Le marché mondial de la beauté continuera à progresser d’ici à 2027

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