Le marché de la beauté connait une forte croissance depuis plusieurs années. Premier constat : ce n’est pas le maquillage qui en a été la locomotive. Subissant de plein fouet la crise sanitaire, il a souffert sur la période 2018-2022 (+0,2% en moyenne sur la période à changes constants). Le segment n’a toujours pas retrouvé ses niveaux de 2019.
En revanche, l’étude relève que, si le segment bain et douche a largement bénéficié de la crise sanitaire, les soins de la peau «demeurent clairement le moteur de la croissance» sur 2018-2022, générant, à eux seuls, plus d’un tiers de la progression du marché en valeur, même si l’inflation l’a quelque peu freinée l’an dernier.
Reste le segment le plus dynamique sur le plan mondial, du moins en 2021 et 2022 : les parfums, qui bénéficient d’«un engouement fort de la clientèle asiatique», notamment chinoise, et d’une forte demande de la jeune génération.
Montée en puissance de la génération Z
Sans surprise, l’Asie-Pacifique représente le premier débouché pour l’industrie de la beauté, devant l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest. Les marchés «historiques» (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord, Japon) sont en perte de vitesse. Malgré le ralentissement de l’activité chinoise, ils totalisent désormais moins de la moitié du marché mondial en valeur (48,3%), derrière l’Asie-Pacifique hors Japon, l’Europe de l’Est, l’Amérique latine, l’Afrique et le Moyen-Orient (51,8%).
Les performances des entreprises restent toutefois disparates, note l’étude. Près d’un tiers des cent premiers groupes ont connu une contraction de leur chiffre d’affaires l’an dernier, en raison «d’une très forte intensité concurrentielle». Pour autant, les perspectives mondiales restent très favorables d’ici à 2027.
Les Echos Études reprennent les projections d’Euromonitor, qui prévoit une croissance de près de 6 % en moyenne annuelle en euros courants sur la période 2022- 2027. Premiers relais de croissance, la montée en puissance de la génération Z et l’«appétence croissante» de la clientèle masculine pour les soins.
La santé et le bien-être, toujours au top
L’étude observe aussi qu’un nombre croissant de marques se positionnent sur des besoins spécifiques, comme la grossesse, les peaux tatouées ou le cancer, plaçant «la communauté au cœur du business model».
Plus globalement, le luxe et l’ultra-luxe, comme le cabinet McKinsey & Company le notait en juin dernier, devrait aussi constituer un puissant moteur pour le marché, poussant les marques à monter en gamme. À cette forte tendance s’ajoute une nouvelle promesse, qui apparaît depuis plusieurs années dans les cosmétiques : la santé et le bien-être.
Les marques de dermo-cosmétique en sont les premières bénéficiaires. «Nous assistons à un intérêt croissant pour le microbiome cutané, la nutricosmétique ou les parfums fonctionnels», constatent les auteurs de l’étude. Mais le consommateur évolue vite. Les nouvelles offres ne pourront pas non plus ignorer l’ultra- personnalisation, la clean beauty et ses développements futurs, ainsi que le développement des marques «purpose-driven et militantes».
« Les territoires stratégiques du marché mondial de la beauté », Les Echos études, octobre 2023.
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