Profession bien-être : Au premier semestre, les enseignes de parfumerie affichent une hausse de leurs ventes de 7,5%, alors que la moyenne du commerce spécialisé est de 2,5%. Comment l’expliquez-vous ?
Emmanuel Le Roch : D’abord, cette logique de surperformance ne date pas de ce semestre. Après des années de Covid très compliquées pour les acteurs de la beauté, ce secteur a mis un peu de temps à repartir. Mais à partir du moment où les consommateurs ont repris leurs habitudes, où ils sont retournés dans les magasins, où ils se sont reparfumés et remaquillés, ils n’ont pas abandonné les enseignes.
Comment l’expliquer ? Je note que c’est un secteur qui a pu augmenter ses prix. C’est important de l’avoir en tête, parce que vous avez des secteurs, comme l’habillement, qui, s’ils baissent leurs prix, ils perdent des clients. Mais dans la parfumerie, il y a un fort attachement au produit, ce qui rend le client moins sensible au prix. D’autre part, quand vous êtes acteur et que vous arrivez à augmenter vos prix, vous pouvez faire des promotions en baissant vos prix. C’est la logique de la bonne affaire. Cela crée du trafic, de l’émulation…
On peut parler d’exception pour la beauté ?
C’est un secteur un peu atypique, c’est vrai. Je n’en vois pas d’autres qui soient dans la même situation, mis à part l’alimentaire spécialisé, qui est aussi dans une logique de plaisir. La beauté échappe au comportement d’arbitrage des consommateurs, comme dans l’habillement ou les chaussures. On est vraiment dans un secteur de plaisir et de représentation de soi même.
Compte tenu des incertitudes politiques, cela va continuer, selon vous ?
Au-delà du secteur de la beauté, la question qui se pose, c’est celle du comportement du consommateur dans les mois qui viennent. Ce qu’il n’aime pas, c’est l’incertitude. Et, en cas d’incertitude, il préfère épargner plutôt que consommer. Est-ce que la beauté-santé fera exception ? Je note qu’il y a, en France, un fort attachement aux marques. On change moins de fournisseurs que dans d’autres secteurs. Il n’y a pas ici une logique de «discountisation».
Difficile, donc, d’anticiper le marché à la fin de l’année. On pense que les voyants sont plutôt au rouge sur le fait d’espérer un très fort développement de la consommation. La beauté, probablement, en subira aussi un peu les conséquences, mais certainement beaucoup moins que dans d’autres secteurs.
Propos recueillis par Georges Margossian.
(*) Fédération pour la promotion du commerce spécialisé.
LIRE AUSSI : Mensualisation des loyers : commerçants et bailleurs sont tombés d’accord



