Logo profession bien etre : magazine d'actualité économique de la beauté et du bien-être

Beauté

Bien-être

Business

« L’image de marque, c’est ce qui permet aux coiffeurs de réussir »

Revlon Professional

À la veille du Front Row Summit, la grand-messe annuelle de Revlon Professional, qui se tiendra les 28 et 29 avril, à Lisbonne (Portugal), Charbel Katra, patron de la marque pour l’Europe du Nord, revient, pour Profession bien-être, sur le grand thème de cet événement : mobiliser les coiffeurs autour de leur image de marque.

Profession bien-être : La troisième édition du Front Row Summit, qui réunira tous les coiffeurs européens affiliés à Revlon Professional, débutera ce dimanche. Quel est l’objectif d’un tel événement ?

Charbel Katra : À l’origine, c’était d’abord d’inspirer nos clients sur les dernières tendances en matière d’artistique avec un grand show pendant une heure et demi. Puis, avec le Covid, nous avons voulu faire évoluer cet événement en lui ajoutant une partie business.

Il est désormais organisé sur deux jours, avec une présentation des tendances sur les 6 et 18 mois, et des talks business par des coiffeurs qui ont percé grâce aux réseaux sociaux ou un concept de salon original. Nous voulons inspirer les coiffeurs pour les aider à renforcer leur image de marque ou à avoir des idées un peu différentes, qui leur permettront de recruter une nouvelle clientèle ou de proposer de nouveaux services. 

La troisième partie de cet événement, c’est la création d’une nouvelle nuance de coloration, ensemble, avec les coiffeurs, grâce à une appli qu’ils téléchargeront et avec laquelle ils devront répondre à une douzaine de questions pour déterminer la couleur de l’année prochaine. Enfin, dernier volet, des shows artistiques, avec trois ambassadeurs européens, dont le Français Emmanuel Esteban.

Revlon Professional veut aider les coiffeur à renforcer leur image de marque. C’est une nécessité aujourd’hui ?

Oui, car le consommateur cherche de plus en plus tout ce qui est individualisation et sur-mesure, et il n’y a pas mieux que des coiffeurs indépendants qui soignent leur image pour lui donner envie de venir. L’image de marque, c’est ce qui permet aux coiffeurs de réussir, de faire la différence dans l’esprit du consommateur, qui aura tendance à s’identifier au concept qui lui correspond.

De quelle manière envisagez-vous de les aider ?

Nous mettons à leur disposition une boîte à outils, avec toutes les solutions possibles qui leur permettront de choisir ce dont ils ont besoin. Par exemple, si un coiffeur veut avoir l’image d’un salon spa, il viendra dans notre académie suivre des formations de soins du cheveu, de massages du cuir chevelu, il utilisera la PLV qu’on lui fournira, les produits Revlon le plus en phase avec cette image de spa, c’est-à-dire des produits bio, naturels ou vegan, etc. Nous voulons qu’il ne soit pas seulement un vendeur mais aussi un consultant pour ses clients.

Vous abordez aussi le digital durant ces deux jours. Comment comptez-vous accompagner les salons dans ce domaine ?

Oui, c’est incontournable. Il y a dix ans, le premier relai entre les consommateurs, c’était le bouche-à-oreille. Les réseaux sociaux ne représentaient alors que 10% des recommandations. Aujourd’hui, c’est 55%, soit plus de la moitié… Mais le digital, en fait, c’est très large. Il y a beaucoup de coiffeurs qui le font bien, parce que c’est naturel chez eux, mais on aimerait que plus de professionnels se forment.

Il faut alors commencer par le b.a.-ba. C’est pour ça que nous proposons plusieurs formations. Les thèmes abordés sont très variés : comment avoir une page Facebook ou Instagram, quelle page choisir en fonction de la clientèle, comment avoir une image de marque cohérente sur les réseaux sociaux, quelle typo, quels filtres pour les photos, etc.

Qu’est-ce qui a changé dans la gestion d’un salon de coiffure ?

En fait, ce qui a changé, ce sont les habitudes des consommateurs. Une consommatrice, il y a 20 ans, visitait 7 fois un salon par an. Aujourd’hui, c’est 3,8 fois. On est passé d’une visite plaisir à une visite d’hygiène. Cela veut dire que je vais aujourd’hui dans un salon, parce que mes cheveux ont poussé. Il faut que je fasse couper les pointes ou bien j’ai deux centimètres de racines de cheveux blancs, que je veux couvrir, parce que ça fait moins soigné…

Vous le ressentez dans les ventes  ?

Oui, bien sûr. On le ressent moins que nos concurrents, parce qu’on est challengers et qu’on arrive à ouvrir des portes qui viennent combler la perte de chiffre d’affaires due à la baisse de fréquentation. Mais que voit-on ? À la place de faire dix coloration par semaine, les coiffeurs en font neuf. C’est pourquoi on essaye aussi de les former sur la façon d’augmenter le chiffre d’affaires d’un salon.

Et comment fait-on ?

Il existe trois leviers sur lesquels on peut agir pour augmenter le chiffre d’affaires : soit augmenter la fiche moyenne, en essayant de vendre un soin au bac, un massage ou une coloration vegan, soit recruter de nouvelles clientes, en travaillant son image de marque, soit, enfin, augmenter la fréquentation.

Avec American Crew, vous être présents sur le marché de la coiffure masculine depuis longtemps. Comment avez-vous vécu l’explosion du marché masculin ?

Avec American Crew, on est là pour aider les coiffeurs à retrouver un savoir-faire qui a disparu, et pas seulement en France. Jusqu’aux années 2000, le développement des salons mixtes avait tué un peu les barbiers. Les formations manquaient pour les hommes. Et, en 1994, quand David Raccuglia, un précurseur, a créé American Crew, sa volonté était de redonner aux hommes la place qu’ils avaient perdu dans la coiffure.

Ça nous a pris quand même 15 ans ! Et c’est seulement à partir de 2009 que les choses ont commencé à changer pour American Crew, avec l’explosion des barbiers, c’est-à-dire quand les consommateurs hommes ont voulu retrouver leur propre espace. On était en avance sur le marché, ce qui nous a permis de mieux le connaître.

Quand nos concurrents ont commencé à lancer de nombreux produits hommes, ils n’ont rien compris. La majorité lançait des shampoings, alors que le marché de l’homme, c’est surtout du styling, mais il fallait être dedans pour le savoir… Et c’est pour ça que la plupart des marques ont disparu entre-temps. Aujourd’hui, il n’y en a pratiquement plus, en dehors de nous. 

Vous parliez de marketing tout à l’heure : on a souvent dit que les barbiers étaient plus créatifs et plus innovants…

Plus jeunes, surtout, avec des idées qui sont différenciantes. Quand je regarde les clients d’American Crew, ils ont tous, en majorité, entre 30 et 40 ans. Il y a ce décalage générationnel avec les autres marques. Et c’est pour ça qu’ils sont beaucoup plus forts sur les réseaux sociaux. Quant aux barbiers, ils osent plus, parce qu’ils sont en début de carrière et qu’ils ont la volonté de réussir.

Ils maîtrisent mieux leur image de marque et, encore une fois, on est convaincus que c’est essentiel. Chez Revlon, on s’est rendu compte qu’un consommateur qui visite un salon, parce qu’il est attiré par son image de marque, le fréquente environ huit fois par an, quand la moyenne se situe à quatre…

Propos recueillis par Georges Margossian.

LIRE AUSSI : Charbel Katra (Revlon) : « Les coiffeurs sont aussi des entrepreneurs ! »

Facebook
LinkedIn
WhatsApp
Email
Dans la même catégorie

Nous utilisons des cookies

Welcome Back!

Login to your account below

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.