Le Mondial Coiffure Beauté a inauguré, lors de son édition 2025, le mois dernier, un nouvel outil d’inspiration : un cahier de tendances dédié au salon de demain. Intitulé Futures Beauty, ce document d’une trentaine de pages explore les transformations à l’œuvre dans la coiffure et la beauté.
«On a voulu faire un pas de plus sur l’innovation», a fait valoir l’organisateur du salon, Christophe Gabreau, lors de sa présentation, en septembre, désireux de faire de ce cahier un «laboratoire d’idées». Pour le concevoir, il s’est appuyé sur l’expertise de l’agence de conseil en stratégies business et créatives NellyRodi, ainsi que sur l’équipe du magazine HairTrends et l’agence de communication Aradia.
La personnalisation devient la norme
Le résultat : une plongée au cœur des grandes tendances qui redessinent l’univers de la coiffure professionnelle. Premier constat : le soin capillaire n’a jamais été aussi dynamique, avec une croissance mondiale à deux chiffres. Sa croissance mondiale à deux chiffres s’explique par une alliance inédite entre clean beauty et technologie, selon NellyRodi.
Les marques s’inspirent désormais du vivant, misent sur des formules biomimétiques et sur des capteurs connectés pour créer des routines de beauté sur mesure. Les nouvelles technologies, observe le cahier, «transforment le moment du service en une expérience plus personnalisée et multisensorielle».
Bornes de test, outils de mesure connectés pour le cuir chevelu ou la peau, réalité augmentée pour «tester des dizaines de possibilités en quelques secondes» : la coiffure entre dans l’ère du diagnostic intelligent. Selon le rapport «Future of Wellness» du cabinet McKinsey, 30% des consommateurs chinois et 20% au Royaume-Uni et aux États-Unis réclament déjà des produits personnalisés fondés sur leurs données biométriques.
L’expertise se partage
La confiance passe désormais par la connaissance. Dans un marché saturé de promesses, les marques misent sur la pédagogie pour recréer du lien et valoriser leur savoir-faire. Masterclasses en salon, tutoriels en ligne, podcasts ou pôles d’expertise : la transmission devient un pilier de la relation client.
Selon Mintel, 78% des consommatrices souhaitent que les marques expliquent l’origine et les bénéfices des ingrédients. Moralité ? Les coiffeurs, en première ligne, endossent de plus en plus un rôle d’ambassadeurs : ils décryptent les formules, guident les choix et traduisent la technicité en gestes simples.
Les nouvelles gammes s’appuient d’ailleurs sur des actifs biosourcés et des principes inspirés de la nutricosmétique, renforçant le lien entre beauté visible et équilibre intérieur.
Une beauté qui se veut holistique

Inspiré du spa et du slow living, le salon du futur se repense comme une destination bien-être, où le soin capillaire s’associe aux rituels d’auto-massage, à la respiration et à la relaxation. Selon NellyRodi, 16% des établissements adoptent déjà un design apaisé : lumière douce, matériaux naturels, musique enveloppante, toucher sensoriel…
Cette atmosphère nourrit une approche de la beauté plus globale, à la fois sensorielle et intérieure, en phase avec les attentes du marché : 82% des consommateurs dans le monde considèrent désormais le bien-être comme une priorité quotidienne, d’après McKinsey. Un chiffre qui résume à lui seul le basculement culturel à l’œuvre dans la beauté.
De nouveaux liens sociaux
Le salon évolue, s’affirmant comme un lieu de vie à part entière. Un espace où l’on revient, où l’on partage, où l’on se reconnaît…. Abonnements, clubs de soins, programmes de fidélité ou offres exclusives renforcent ce sentiment d’appartenance.
Les bars à soins, coffee corners et espaces de coworking prolongent l’expérience, favorisant la convivialité et la rencontre. Selon le rapport The Future 100 (Wunderman Intelligence), 65% des millennials et de la génération Z se disent prêts à «rejoindre le fan club de leur marque préférée».
Le salon s’impose ainsi comme un lieu du quotidien, ancré dans les styles de vie et les valeurs personnelles. Ainsi, 60% des consommateurs rechercheraient des expériences beauté en phase avec leur culture et leur mode de vie.
L’émotion au cœur du soin
La beauté, on l’aura compris, se vit dorénavant comme une expérience, se transformant en «terrain de jeu pour les visiteurs». Le design, la lumière et la couleur créent un décor d’émotions, poursuivent les auteurs du cahier de tendances. L’art, la musique ou la scénographie s’invitent dans les espaces pour stimuler les sens et renforcer le lien social.
Soirées, brunchs, ateliers de co-création ou moments familiaux : les formats événementiels se multiplient, brouillant la frontière entre soin et divertissement. Selon Wunderman Intelligence, 75% des consommateurs estiment que «les marques devraient faire davantage d’efforts pour être divertissantes». Le soin capillaire devient alors une expérience à part entière, à vivre autant qu’à consommer.
La durabilité n’est plus un argument
C’est un pré-requis. Le salon s’engage désormais sur tous les fronts de la durabilité, de la gestion de l’eau aux choix de partenaires. Les professionnels adoptent des gestes éco-responsables, tandis que les consommateurs, mieux informés, veulent s’impliquer eux aussi.
L’optimisation de la consommation d’eau, la réduction des déchets et la lutte contre le gaspillage deviennent des réflexes quotidiens. Les stations de tri capillaire, les systèmes de recharge ou de consigne s’installent peu à peu dans les établissements. Même logique côté fournisseurs : les marques sélectionnées doivent partager les mêmes valeurs éthiques et environnementales.
Selon Euromonitor International, 68% des consommateurs estiment que les marques ont un rôle à jouer pour mieux les éduquer sur l’impact environnemental de leurs innovations, des emballages aux formules elles-mêmes. Bref, en matière d’écologie, le salon devrait passer du discours à l’action.
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