Vous êtes spécialisés dans l’accompagnement des TPE et, depuis trois ans, vous vous intéressez de près aux salons de coiffure. Les coiffeurs ont-ils des besoins spécifiques ?
Oui. La digitalisation et le social sont de fortes préoccupations aujourd’hui chez les coiffeurs. La transition numérique est dans tous les esprits. Il s’agit, pour ces professionnels, de savoir comment utiliser des logiciels, afin de pouvoir suivre, en temps réel, avec des indicateurs de gestion, la performance de leur salon de façon précise, et non plus en global, comme auparavant, six mois après la clôture des comptes.
Les coiffeurs sont-ils bien préparés à ces nouvelles méthodes de gestion ?
Oui, ils sont aujourd’hui formés et s’adaptent progressivement, car il y a une nécessité à sortir d’un cadre ancien en termes d’outils de gestion et de suivi. Aujourd’hui, le digital vient bouleverser ce secteur d’activité avec, notamment, les plateformes de réservations.
Les coiffeurs ont besoin d’avoir autour d’eux des spécialistes qui sont capables de lire et d’utiliser les données récoltées par les logiciels et de leur donner des axes d’amélioration. Au final, ce sont eux qui prennent leurs décision. Nous, nous ne sommes là que pour les guider.
Vous parliez du social : qu’est-ce qui change aujourd’hui ?
On a un besoin très fort dans le domaine du social. Recruter, fidéliser ses salariés…
Aujourd’hui, la situation est plus complexe pour les salons de coiffure. Tout simplement, parce que les salariés ont inversé la donne : ce sont eux qui sont à la manoeuvre face à l’employeur et qui vont fixer leurs conditions.
Ils ont donc beaucoup plus de poids, notamment parce qu’ils reçoivent souvent des propositions d’autres salons. Par conséquent, l’employeur est face à une situation où il est obligé de prendre en considération le sujet «ressources humaines» beaucoup plus fortement qu’hier. Des sujets auxquels les coiffeurs ne sont pas forcément préparés.
Quelles décisions doivent-ils désormais prendre sur le plan social ?
Ils doivent pouvoir déterminer des conditions de travail attractives, former des collaborateurs, avoir des relations dans l’organisation qui soient les plus justes possibles, notamment en veillant à la qualité de vie au travail.
En fait, l’employeur, dans un salon de coiffure, doit pouvoir apporter quelque chose de nouveau, un peu innovant, un peu différent des autres salons, pour pérenniser son activité. Il doit pouvoir se démarquer, et donc apporter à ses salariés quelque chose de plus, notamment dans la formation, la participation aux bénéfices ou les congés.
Propos recueillis par Georges Margossian.
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