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Franck François : « On va relancer très fort ‘Mon coiffeur exclusif’ à partir d’avril »

Vos investit dans son réseau

Qui a dit que les petites villes n’intéressaient pas les franchiseurs ? En tout cas, pas le patron du groupe Vog, Franck François, qui a décidé de miser sur ces zones habituellement délaissées par ses concurrents pour relancer son enseigne «Mon coiffeur exclusif». Interview.

LFranck François optimiste pour la croissance du groupe VonProfession bien-être : L’année 2022 a vu une forte montée du nombre des défaillances de salons de coiffure. Comment le groupe Vog a-t-il traversé l’année 2022 ?

Franck François : Le groupe Vog a maintenu le cap en 2022 et continue d’accélérer son développement avec 19 ouvertures et 21 rénovations de salons de coiffure, dont une majorité de Tchip. Pour cette année, on vise 45 ouvertures. Aujourd’hui, je dirais qu’il y a 5% du réseau où c’est beaucoup plus délicat. Notre priorité, c’est de remplacer ces salons par d’autres franchisés, qui ont des établissements qui fonctionnent.

Après deux ans de crise sanitaire, le groupe Vog a-t-il renoué avec la croissance ?

Absolument. On est à +1% par rapport aux chiffres de 2019, ce qui veut dire qu’on a récupéré notre croissance. On est soulagé, parce qu’en 2021, c’était – 7% ! L’an dernier, notre chiffre d’affaires s’est élevé à 160 millions d’euros en France et 47 millions à l’étranger, avec un parc de 561 salons, essentiellement Vog et Tchip.

Entre l’eau chaude pour les shampoings, l’air conditionné, le chauffage, l’électricité et les outils de travail, le secteur de la coiffure est fortement impacté par la crise énergétique. Comment y faites-vous face ?

On s’y est pris il y a longtemps. Pour l’eau chaude, on a mis des thermostats, afin d’économiser la nuit, des mitigeurs qui moussent, nous permettant de réduire de 50% notre consommation d’eau… Pour les serviettes, on va mettre, notamment pour les colorations, des serviettes en papier que l’on pose sur des serviettes normales. On a mis aussi des LED partout. Et puis, cela fait plus d’un an que l’on éteint toutes nos enseignes à 19h.

Pendant plusieurs mois, il y a eu un débat chez les coiffeurs sur l’opportunité d’augmenter leurs tarifs. L’avez-vous fait ?

Oui, on a augmenté nos prix de 10% et ça s’est très passé, parce que nous l’avions testé auparavant dans quelques succursales. Le test a duré six mois, durant lesquels la fréquentation n’a pas bougé. En revanche, on a vu la différence avec notre réseau, avec +1% d’augmentation de chiffre d’affaires ! On a donc décidé d’étendre cette hausse à tous nos franchisés.

Vous avez racheté «Mon Coiffeur exclusif» en 2013… Où en êtes-vous aujourd’hui ?

C’est une société qu’on a laissé vivre gentiment et qu’on va relancer très fort à partir du mois d’avril. L’idée est simple. Aujourd’hui, si vous voulez ouvrir un Tchip ou un Vog, il faut être dans une grande ville et pouvoir payer 1 300 euros de franchise par mois. Pour cela, il faut faire un chiffre d’affaires annuel d’au moins 300 000 euros.

Si vous êtes dans une toute petite ville de 15 000 habitants, vous ne pouvez donc pas être franchisé. C’est pour ça que nous relançons cette marque, adaptée à ce type d’environnement, et on a déjà beaucoup de demandes. Autre innovation : le mot franchise peut faire peur à certains investisseurs, on a donc décidé de parler d’abonnement, avec moins de contraintes, et donc plus de souplesse.

Quel sera son positionnement ?

Petite ville, famille et plutôt moyenne gamme. Dans les petites villes de moins de 10 000 habitants, le moyenne gamme, ça marche, parce qu’il n’y a pas de franchise. On a trois zones, Lyon, Rennes, Lille. Sur ces marchés, personne n’y va, parce que ce n’est pas rentable pour un franchiseur.

L’été dernier, le coiffeur niçois Pascal Coste a racheté la centaine de salons Shampoo Expert que vous convoitiez. Vous voyez d’autres opportunités en 2023 ?

Non, parce que la croissance externe, ça coûte cher. On perd beaucoup d’argent au départ, car il faut investir. Aujourd’hui, on préfère se développer, même s’il y a des groupes qui sont à vendre. On a d’ailleurs beaucoup embauché ces derniers temps pour consolider notre développement.

Est-ce que vous trouvez beaucoup de candidats à la franchise en ce moment ?

Il faut se battre. Aujourd’hui, ils cherchent davantage de sécurité. Les gens n’investissent plus dans un salon de coiffure comme ça, sans avoir eu des garanties. Notre chance, c’est qu’on a 43 ans de métier, il y a de très bons chiffres et le modèle fonctionne. Des réseaux peinent parce qu’ils ne sont pas assez grands, ce qui limite leurs investissements. Or,  un franchiseur doit investir, innover sans arrêt.

Êtes-vous encore plus exigeant aujourd’hui dans la sélection des profils ?

Oui, bien sûr. J’ai connu une époque où l’on signait facilement pour ouvrir de nouvelles franchises, mais aujourd’hui on ne peut plus jouer à ça. Ce qu’on recherche, c’est le manager, celui qui sait diriger une équipe. La coiffure, c’est un management simple, vous avez des équipes, il faut s’occuper d’elles, il faut être proche d’elles, il faut être dans l’humain, la bienveillance. Et puis, ce qu’on demande désormais beaucoup, c’est l’exigence, ne rien laisser passer.

C’est pour cette raison que le groupe Vog s’est rapproché des écoles Silvya Terrade en 2022 ?

Oui, ce rapprochement a permis la création de 8 classes d’apprentissage CAP/BP Vog, dispensant les mêmes méthodes de coupe et de coloration que celles utilisées dans nos salons. Cela représente à ce jour une centaine d’apprentis. En 2023, on va monter à 25 classes. C’est un partenariat important pour nous, car il nous manque aujourd’hui 500 coiffeurs en France.

Propos recueillis par Georges Margossian.

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