Profession bien-être : Pouvez-vous nous présenter ce nouveau magasin et ce qui le distingue des précédents ?
Yohann Catherine : Bleu Libellule, qui a été créée en 1997, est devenue l’enseigne référente sur la coiffure professionnelle. Mais j’ai constaté depuis mon arrivée, il y a un an, qu’elle souffrait d’un manque de notoriété auprès du grand public, alors que nous avons 240 magasins et que nous sommes présents dans toutes les grandes zones de retail en France.
Donc, pour moi, le cap est clair : il s’agit de faire évoluer l’image de l’enseigne sans renier l’ADN. Et l’enjeu, désormais, c’est l’élargissement de notre positionnement comme enseigne référente de la beauté et soin du cheveu, et plus seulement des produits de coiffure.
En quoi ce nouveau concept pour Bleu Libellule incarne-t-il votre nouveau cap ?
L’expérience client a été totalement repensée, avec des univers clairement tracés, des corners expérientiels pour les clients, sur une image complètement revue. Le retail est beaucoup plus immersif, plus identifiable.
Cela veut dire que Bleu Libellule sera davantage tourné vers le grand public ?
On me pose souvent cette question… Je rappelle que Bleu Libellule, c’est, en gros, 70% de notre chiffre d’affaires sur le BtoC, et 30% sur le pro. Et cette part n’a pas évolué l’année dernière. Pour ma part, je souhaite continuer à jouer sur les deux terrains. Je pense, vu l’état actuel du marché de la coiffure, que le gros potentiel de Bleu Libellule est sur le client particulier, tout en gardant, bien sûr, nos coiffeurs et nos esthéticiennes.
Le marché de la coiffure, c’est un marché qui souffre depuis le post-Covid et qui continue de souffrir beaucoup depuis le début de l’année. Pour autant, les coiffeurs à domicile, les coiffeurs qui ont peu de salariés sont ceux qui s’en sortent le mieux. Et aujourd’hui nos clients professionnels, en grand majorité, ce sont des coiffeurs à domicile et des coiffeurs qui ont peu de salariés. C’est beaucoup d’espoir pour Bleu Libellule.
C’est le début d’une longue série ?
On a trois magasins en tête : le Forum des Halles, Avenue 83, à la Valette-du-Var, et le magasin de Vannes. On va donc tester trois modèles différents, un grand, un moyen, un petit. Le but, c’est de parvenir à analyser comment ce nouveau concept fait évoluer les métriques de Bleu Libellule.
Vous avez fermé les boutiques italiennes pour concentrer vos efforts sur la France. L’international est-il définitivement écarté de vos plans ?
Quand je suis arrivé, j’étais convaincu que ce n’était pas la priorité de Bleu Libellule. J’en suis toujours convaincu aujourd’hui. On a un parc de 240 magasins à renforcer. Ce nouveau concept, une fois bien implanté en France, sera, je le pense, plus exportable que le concept de base Bleu Libellule. Pour autant, on a un immense travail à faire ici avant de penser à l’international.
L’an dernier, vous prévoyiez d’atteindre les 200 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2026. Où en êtes-vous ?
On est aux alentours de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires pour le groupe CSP, qui comporte Bleu Libellule et Nyx (une quarantaine de magasins exploités pour le groupe L’Oréal, ndlr), en augmentation de 2% par rapport à 2023. Rien que pour Bleu Libellule, on a un potentiel de croissance de 200 millions.
La partie BtoC souffrait l’an dernier. Est-elle repartie à la hausse ou reste-t-elle plus fragile que le BtoB ?
Le retail BtoC, en règle générale, quand on regarde toutes les enseignes du panel Retail Int, est en retrait l’an dernier de 0,5%, et il est en retrait aussi depuis le début de l’année. Le retail physique, en France, continue de souffrir. La beauté, elle, continue à bien se comporter l’année dernière, mais souffre un petit peu depuis le début de l’année. Nous, nous sommes en progression sur ce début d’année par rapport à 2024.
Vous avez recentré le concept de hub sur Paris Bastille. Quel est aujourd’hui le rôle stratégique de ce lieu ?
Comme je vous l’ai dit il y a un an, notre objectif, c’était d’avoir un hub puissant à Paris et de le faire rayonner de manière digitale. On est en train d’investir 50 000 euros de travaux pour le rendre agréable en termes d’expérience. Un événement tous les deux jours est organisé et une plateforme digitale va être lancée très prochainement pour permettre aux coiffeurs de communiquer entre eux.
Vous évoquez le digital, est-ce que ça devient, pour Bleu Libellule, une priorité ?
Cela n’a pas été un de mes axes de priorité. La beauté est assez peu digitalisée en France. Cela ne veut pas dire qu’elle ne va pas le devenir. On a des projets digitaux en cours avec le groupe Provalliance. Le sujet du digital pourrait devenir une priorité à partir de 2026.
Propos recueillis par Georges Margossian.
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