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La chronomédecine sort de la marginalité

CHRONOMÉDECINE

Couronnée par le prix Nobel de médecine en 2017, la médecine circadienne connaît un essor rapide, selon Les Echos. Les recherches se déploient désormais dans plusieurs spécialités médicales, même si la discipline reste encore peu diffusée dans les pratiques professionnelles.

Dans certains services hospitaliers, la lumière baisse désormais la nuit pour favoriser le rétablissement des patients. Ailleurs, des chercheurs s’intéressent à l’heure idéale pour administrer une immunothérapie ou prendre un traitement hormonal. Longtemps reléguée aux marges de la médecine, la chronomédecine s’installe progressivement dans le débat scientifique.

Une médecine du rythme biologique

ChronomédecineCouronnée par le prix Nobel de médecine en 2017, cette discipline étudie l’impact des rythmes biologiques sur la santé et l’efficacité des traitements. Trois chercheurs américains avaient alors été récompensés pour avoir mis en évidence le fonctionnement circadien du métabolisme, organisé selon un cycle d’environ 24 heures.

«Toute notre physiologie est rythmique : nos systèmes endocriniens, cardio-vasculaires, immunitaires, et bien d’autres », explique Charna Dibner, professeure au département de physiologie cellulaire et métabolisme de l’université de Genève, citée par Les Echos, qui consacrent une enquête sur le sujet.

Au cœur du système, l’horloge biologique est synchronisée par la lumière et réglée sur l’alternance jour-nuit. Mais les chercheurs estiment que les modes de vie modernes perturbent fortement ces mécanismes. «Nous subissons en permanence un ‘jet-lag social’ de près de quatre heures», car les rythmes familiaux se décalent vers des horaires plus tardifs, observe Hélène Duez, directrice de recherche de l’Inserm à l’Institut Pasteur de Lille. 

Selon les spécialistes, ces dérèglements sont associés à des troubles du sommeil, des dépressions ou encore certaines maladies métaboliques et cancers. Du coup, les recherches se déploient désormais dans plusieurs domaines thérapeutiques. 

Du laboratoire aux soins médicaux

chronomedecineLa technique phare ? La luminothérapie, qui figure parmi les premières applications concrètes. Une étude publiée dans Cell Metabolism montre ainsi que des patients diabétiques exposés plusieurs jours à la lumière naturelle régulent mieux leur glycémie que ceux exposés à une lumière artificielle, rapportent Les Echos. 

Autre axe étudié : la chronothérapie, qui consiste à adapter l’horaire d’administration des médicaments. Les résultats les plus avancés concernent la cancérologie. Dès 1997, l’oncologue Francis Lévi avait montré, dans le cancer du côlon, que la modulation horaire de trois chimiothérapies améliorait l’efficacité des traitements et réduisait leur toxicité.

Les études portent aussi sur l’immunothérapie. «En quatre ans, plus de 40 études menées par des équipes différentes indiquent qu’une administration matinale double en moyenne la survie des patients en comparaison à une perfusion tardive», relève le Pr Francis Lévi, à propos de travaux portant sur 10 000 patients atteints de onze types de cancers différents.

Pour autant, la chronomédecine reste encore peu diffusée dans les pratiques médicales. «Il n’y a aucun module obligatoire dans les études de médecine ou de pharmacie», tempère Hélène Duez. Mais sa reconnaissance est en bonne voie. Le premier diplôme de médecine circadienne «au monde» a récemment ouvert à l’université Paris-Saclay.

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