Depuis des années, les grandes marques de coiffure s’appuient sur des ambassadeurs chargés d’incarner leurs produits et leurs valeurs. Avec la création des «global creative contributors», L’Oréal Professionnel annonce vouloir changer de méthode en faisant entrer des coiffeurs reconnus au cœur de ses choix, de ses formations et de ses contenus.
Concrètement, quinze professionnels venus du monde entier sont désormais associés au travail de la marque sur le long terme. Leur rôle ne se limite plus à représenter une gamme ou une image, car ils participent à la conception de contenus, à l’animation d’événements et au partage de leur expérience auprès des autres coiffeurs.
Présenté comme un partenariat créatif, ce dispositif vise à rapprocher davantage la marque du terrain, en permettant au géant mondial des cosmétiques d’identifier plus tôt les évolutions du métier, d’adapter les formations et de nourrir ses réflexions stratégiques.
« Contributeurs » plutôt qu’ambassadeurs
«Ils ne sont pas nos ambassadeurs, mais des contributeurs. Notre ambition est d’explorer les tendances émergentes et de contribuer à façonner l’avenir de la coiffure professionnelle, comme nous le faisons depuis 1909», explique Valérie Tomasini, directrice générale France L’Oréal Professionnel, citée dans un communiqué.
Les profils retenus couvrent un large spectre d’activités, du salon à la formation, en passant par la mode, les célébrités, l’édition, les coulisses de défilés et les réseaux sociaux. À noter : l’équipe comporte deux représentants français.
Devi Mark, coloriste d’origine américaine installé à Paris, est à la fois entrepreneur et créateur de contenus. Il a fondé le salon Devi Mark Hair, spécialisé dans les cheveux longs et le balayage, ainsi que Devi Mark Studio, dédié à la production de contenus.
Kevin Jacotot évolue, quant à lui, dans l’univers de la mode, du cinéma et du spectacle. Créateur de la marque Headpeace&hat, il intervient sur des défilés, des clips et des projets culturels. Il collabore régulièrement avec des institutions comme la Villa Noailles ou le Centre Pompidou.
Min Kim, basée à New York, a formé plus de 300 000 coiffeurs dans vingt pays. Elle aide les coiffeurs à mieux gérer leur technique et leur activité au quotidien, notamment pour leur apprendre à fixer leurs prix. Autre membre de l’équipe : Adina Pignatare, coloriste américaine, anime des ateliers sur la création de contenus et l’expérience client, tout en développant une forte présence en ligne.
Amit Thakur, figure de la coiffure indienne, a fondé la plateforme Mane Masters, qui regroupe déjà des centaines d’étudiants à travers le monde. L’équipe compte aussi Jack Martin, connu pour ses techniques d’intégration des cheveux gris, qui est aussi reconnu comme formateur international.
Mode et image internationale
Une autre partie du cercle est issue de la mode, des défilés et des tapis rouges. C’est le cas de Cesar Deleon Ramirez qui travaille avec de nombreuses célébrités et publie régulièrement dans les grands magazines internationaux. Il a reçu un prix pour son travail au Met Gala.
Ben Gregory est à l’origine de plusieurs tendances virales, comme la coloration «cherry cola» ou le blond scandinave. Il intervient dans les campagnes et les défilés des grandes maisons. Malcom Marquez, repéré par le magazine Dazed, crée des coiffures pour des artistes comme Rihanna ou Doechii.
Brandon Pietsch est à l’origine du look «rich brunette» d’Ariana Grande aux Critics Choice Awards, présenté comme une tendance forte de 2026. Jawara Wauchope, formé entre New York et Londres, coiffe régulièrement de grandes stars internationales.
Cyndia Harvey, lauréate du prix Changemakers, développe une approche inclusive et expérimentale. Mustafa Yanaz, reconnu pour son travail conceptuel, mêle création artistique et édition indépendante à travers ses fanzines. Washington Nunnes dirige le salon Fidalga à São Paulo, présenté comme un lieu mêlant art, technique et luxe discret. Jacob Habib Khan, enfin, s’est imposé sur les réseaux sociaux avec des tutoriels suivis par plusieurs centaines de milliers d’abonnés.
Bref, une initiative qui traduit une évolution dans la relation entre marque et coiffeurs. Il ne s’agit plus seulement de valoriser des figures reconnues, mais aussi de les intégrer dans un dispositif structuré de production d’idées, de savoirs et de références professionnelles. Reste à voir, dans la durée, comment ce modèle de co-production se traduira concrètement dans les formations, les outils et les services proposés aux salons.

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