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Le TFA, un polluant très répandu découvert dans l’eau du robinet

TFA

Une vaste campagne de l’Anses révèle qu’un polluant de la famille des PFAS, le TFA, est présent dans 92% des eaux analysées en France. Ultra-persistant et difficile à éliminer, il devient un indicateur clé de la contamination de l’eau potable.

De quoi parle-t-on ? Les PFAS sont des «polluants éternels» qui se dégradent très peu. Le TFA (acide trifluoroacétique) est l’un des plus petits d’entre eux. Très mobile, difficile à filtrer et quasiment indestructible, cette molécule circule facilement dans l’eau. C’est pour cela que sa présence a été détectée un peu partout à l’issue d’une campagne nationale que l’Anses a menée entre 2023 et 2025, avant l’entrée en vigueur, l’année prochaine, de la nouvelle obligation de surveillance des PFAS dans l’eau potable.

Pour constituer cet état des lieux, l’agence sanitaire a recherché 35 PFAS, dont les 20 substances que la Directive européenne exigera de surveiller au plus tard en 2026, ainsi que 15 PFAS supplémentaires sélectionnés pour leurs propriétés physico-chimiques ou des données évoquant leur présence potentielle dans l’eau.

Plus de 600 échantillons d’eau brute et autant d’eau distribuée ont été analysés sur l’ensemble du territoire, y compris en Outre-mer. Les points de captage étudiés représentent environ 20% de l’eau distribuée en France. Dans deux tiers des cas, les prélèvements ont été effectués dans des zones où les agences régionales de santé (ARS) identifiaient un risque potentiel de contamination.

Pesticides et retombées atmosphériques

Fait inquiétant : les PFAS très petits, comme le TFA, ne se comportent pas comme les autres : on les retrouve même quand les PFAS plus classiques ne sont pas présents, précise l’Anses. Le TFA ne figure d’ailleurs pas dans la première liste de substances que la Directive européenne impose de surveiller d’ici 2026.

Il résulte de la dégradation de nombreux composés chimiques, notamment certains pesticides. Plusieurs sources sont identifiées dans les données disponibles, comme la décomposition atmosphérique de gaz fluorés utilisés pour la réfrigération ou les rejets liés à la fabrication de l’herbicide flufénacet.

«Ces retombées atmosphériques vont impacter directement et rapidement les eaux de surface, que ce soit les cours d’eau ou les plans d’eau, et vont donc entraîner une présence généralisée de ces TFA», a expliqué à la presse un chimiste et hydrologue de l’Anses, Xavier Dauchy, cité par l’AFP.

Des niveaux sous les seuils officiels

L’agence sanitaire veut toutefois rester prudente. Malgré cette forte fréquence, les concentrations mesurées demeurent, dans la grande majorité des cas, inférieures aux limites réglementaires ou aux valeurs provisoires quand elles existent.

Les données de cette campagne complètent l’expertise publiée par l’Anses en octobre 2025. Les nouvelles mesures pourraient conduire à intégrer le TFA dans le programme pérenne de surveillance des eaux de consommation, au même titre que le 6:2 FTSA pour les PFAS conventionnels.

LIRE AUSSI : Peut-on retrouver des PFAS dans des cosmétiques bio ?

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