Le jeûne intermittent est-il une alternative crédible aux régimes hypocaloriques classiques ? Selon une méta-analyse publiée par le British Medical Journal (BMJ), la réponse serait globalement positive. «Les régimes de jeûne intermittent semblent avoir des bienfaits similaires aux régimes hypocaloriques traditionnels pour la perte de poids», souligne cette nouvelle étude.
Pour trancher la question, une équipe internationale de chercheurs a analysé 99 essais cliniques randomisés, incluant 6 582 adultes (âge moyen : 45 ans, 66% de femmes). La durée des études variait de 3 à 52 semaines, avec une moyenne de 12 semaines. Les participants présentaient en majorité des profils à risque, avec un indice de masse corporelle moyen de 31 et près de 90% souffrant de comorbidités.
Trois types de jeûnes intermittents testés
Trois grandes catégories de jeûne intermittent ont été analysées. La première, appelée alimentation à durée limitée consiste à restreindre la prise alimentaire à une fenêtre horaire quotidienne fixe. L’exemple le plus courant est le protocole 16:8, qui impose un jeûne de 16 heures suivi d’une période de 8 heures pendant laquelle les repas sont autorisés.
La deuxième forme, le jeûne un jour sur deux alterne une journée de jeûne complet (ou très fortement réduit) avec une journée d’alimentation normale. Elle repose sur une alternance régulière, censée stimuler le métabolisme tout en permettant une consommation calorique normale un jour sur deux.
Enfin, la troisième approche, dite jeûne sur journée entière suit généralement un modèle dit « 5:2 » : cinq jours d’alimentation sans restriction, suivis de deux jours non consécutifs de jeûne complet ou partiel. Ces protocoles ont été comparés aux régimes classiques de restriction calorique continue et à des alimentations non encadrées, afin d’évaluer leurs effets respectifs sur la perte de poids et les facteurs de risque métabolique.
Jeûne intermittent ou restriction continue ?
Résultats ? Dans l’ensemble, toutes les formes de jeûne intermittent et de restriction calorique ont entraîné des baisses modérées de poids par rapport à une alimentation non encadrée. Parmi les approches testées, seul le jeûne un jour sur deux a montré un léger avantage par rapport à la restriction continue : -1,29 kg face à la restriction continue, -1,69 kg par rapport au jeûne quotidien et -1,05 kg face au modèle 5:2.
Sur le plan métabolique, le jeûne un jour sur deux a été associé à une baisse du cholestérol total et du LDL («mauvais» cholestérol), en comparaison avec l’alimentation à durée limitée. En revanche, aucune méthode n’a montré d’effet significatif sur la glycémie ou le HDL («bon» cholestérol).
Les effets étaient semblables dans les études de moins de 24 semaines. Dans celles d’une durée supérieure, les bénéfices sur la perte de poids n’étaient constatés qu’en comparaison avec une alimentation non restreinte.
«Les données actuelles suggèrent que les régimes de jeûne intermittent présentent des bénéfices similaires à ceux de la restriction calorique continue en matière de perte de poids et de facteurs de risque cardiométaboliques. Des essais de plus longue durée sont nécessaires pour confirmer ces résultats», en concluent les chercheurs.
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