Le marché des compléments alimentaires poursuit sa progression. En 2024, il atteint 2,9 milliards d’euros, tous circuits confondus, en croissance de près de 6% sur un an. L’officine reste le premier canal de distribution, captant 55% des ventes, avec une dynamique supérieure à la moyenne : +7,9% cette année, indiquent les Echos Études, dans une publication qui vient de paraître.
Porté historiquement par les promesses de vitalité, d’immunité ou de sommeil, le segment investit désormais des thématiques proches de l’univers cosmétique. Hydratation, microbiote, peau ou stress : les frontières s’amenuisent entre soin dermocosmétique et supplémentation nutritionnelle. «Les promesses orientées santé et prévention ont donné un coup d’accélérateur au marché des compléments alimentaires», relève l’étude.
De nouvelles niches de croissance
À l’horizon 2035, les segments à fort potentiel convergent clairement avec les préoccupations beauté : longévité, santé de la femme, peau, hydratation, stress, fertilité… Des thématiques jusqu’ici dominées par la cosmétique, mais qui deviennent des terrains partagés avec les laboratoires spécialisés dans les compléments alimentaires.
Le mouvement est stratégique : «L’enjeu est de se positionner dès aujourd’hui sur les promesses qui porteront le marché demain», soulignent Les Echos Études. Cette tendance pousse les marques à innover et à travailler ensemble sur de nouvelles offres.
Autre signal fort de convergence : l’hybridation galénique. Gummies, poudres à diluer, boissons enrichies… Les galéniques du futur miseront sur la praticité, l’adhérence et l’expérience sensorielle. Dans ces formats ludiques, fonctionnels, la frontière s’estompe entre le soin à appliquer et le soin à consommer. «La dimension hédonique autour du plaisir et des émotions est également un levier», rappelle l’étude. Une approche qui séduit des consommateurs en quête d’efficacité, mais aussi de plaisir et de style de vie.
Vers une cosmétique augmentée ? Les leviers stratégiques s’alignent entre beauté et compléments : personnalisation de l’offre, segmentation des profils, ciblage des moments de vie… L’intelligence artificielle est aussi appelée à jouer un rôle croissant dans la conception d’offres sur mesure, nourries par les données comportementales et biologiques et intégrant des logiques de prévention et de santé globale.
Start-up, laboratoires et co-branding
De jeunes marques investissent déjà cette zone de convergence entre compléments alimentaires et cosmétique. AdaptivLab, par exemple, mise sur des gummies premium à base de plantes adaptogènes, ciblant le stress, la peau ou la concentration.
De son côté, Jolly Mama revendique un positionnement sur la nutrition féminine, du cycle à la grossesse. L’offre, distribuée en pharmacie et en points de vente spécialisés, combine compléments, snacks enrichis, collagène et contenus pédagogiques. La marque propose aussi des contenus et du coaching.
Dans ce nouveau paysage, le pharmacien devient un acteur clé, selon Les Echos Études, qui mettent en avant l’effet de réassurance attaché au circuit officinal : «Les consommateurs restent attachés aux conseils du pharmacien tout autant qu’à la valeur perçue des produits».
« Compléments alimentaires : stratégies gagnantes 2025-2035 », Les Echos études, juin 2025.
LIRE AUSSI : Marché de la minceur : comment les médicaments anti-obésité rebattent les cartes



