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Beauté-parfumerie : un rebond en trompe-l’œil en mai

BEAUTÉ PARFUMERIE

Après un mois d’avril à contre-courant, les ventes en beauté-parfumerie rebondissent de 1,8% en mai, selon Procos. Un chiffre en apparence positif, mais porté par des effets de calendrier exceptionnels. Dans un climat économique incertain, la dynamique reste fragile et inégale.

Tandis qu’avril avait marqué un coup d’arrêt, le mois de mai redonne un peu de souffle à la beauté-parfumerie. Selon les données de la Fédération pour la promotion du commerce spécialisé (Procos), l’activité enregistre une progression de 1,8% des ventes en magasin par rapport à mai 2024. 

Un signal rassurant ? Pas tout à fait. Car ce sursaut est à nuancer. «L’activité du mois de mai a été très impactée par le nombre de ponts et d’importants effets calendaires (un samedi de plus en mai 2025 qu’en mai 2024) », note Procos dans son communiqué.

L’exemple du secteur habillement, dont les ventes affichent +6,1% en brut mais -0,4% après correction des effets calendaires, illustre bien le phénomène. En l’absence de correction équivalente pour la beauté-parfumerie, une croissance de 1,8% apparaît comme une embellie conjoncturelle, plus qu’un réel regain de dynamisme.

Un environnement économique toujours tendu

Ce léger rebond intervient après une contre-performance notable en avril. Tandis que le commerce spécialisé progressait globalement de 4,5%, la beauté-parfumerie faisait figure d’exception, avec un repli de 1,5%. Le secteur rejoignait alors les segments en difficulté comme l’équipement de la maison (-3,5%) ou la restauration (-0,9%).

Au-delà des effets statistiques, les fondamentaux restent fragiles. La fréquentation des magasins reste en léger recul en mai (-0,1%), dans le sillage du mois précédent (-0,5% en avril). En parallèle, les ventes en ligne poursuivent leur progression, avec +2,8% en mai, exerçant une pression supplémentaire sur les points de vente physiques.

La consommation, elle, demeure prudente. «Une période compliquée pour la consommation, un peu suspendue à un environnement politique incertain», selon Procos. Entre inflation, arbitrages budgétaires et climat d’instabilité, les clients semblent freiner leurs achats non essentiels.

Concurrence des plateformes internationales

Les enseignes physiques doivent aussi composer avec un cadre réglementaire complexe. La fédération s’inquiète notamment des retards répétés dans la mise en œuvre de mesures attendues, comme la mensualisation des loyers commerciaux. «Le report permanent du calendrier parlementaire repousse de mois en mois la mise en œuvre de la mensualisation du règlement des loyers de commerces», alerte Procos. 

Sur le front énergétique, les critiques se durcissent. «Le dernier décret mis en consultation à propos de la définition des valeurs absolues de consommation énergétique en 2030 est un projet d’une complexité telle que les entreprises ne pourront pas le comprendre, l’archétype des approches administratives auxquelles il faut mettre un terme», estime Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, cité dans le communiqué.

Autre motif d’inquiétude : la concurrence des plateformes internationales. Les représentants du commerce spécialisé appellent à un renforcement des règles du jeu. «À défaut, les difficultés actuelles, la fragilisation des points de vente, le développement de la vacance commerciale se développeront de façon accélérée », prévient la fédération. Elle réclame des sanctions claires, jusqu’au déréférencement, pour les acteurs ne respectant pas les normes européennes.

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