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La méditation à long terme freinerait le vieillissement biologique

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Une étude américaine montre que la méditation transcendantale, pratiquée sur plusieurs décennies, est associée à une meilleure régulation du stress, une expression génétique favorable et une préservation de certaines fonctions cognitives.

Peut-on réellement ralentir le vieillissement par la seule force de l’esprit ? C’est la question qu’ont voulu explorer des chercheurs de l’Université internationale Maharishi (MIU), dans l’Iowa (États-Unis), en collaboration avec l’Université de Siegen (Allemagne) et la Uniformed Services University of the Health Sciences. Leur étude, publiée dans la revue Biomolecules, s’est penchée sur les effets à long terme de la méditation transcendantale.

Les scientifiques ont comparé deux groupes de pratiquants réguliers, l’un avec 12 années de méditation au compteur, l’autre plus de 40 ans de pratique, à un groupe témoin de non-méditants. L’objectif : mesurer, à l’aide d’outils biologiques et cognitifs précis, l’impact d’une telle pratique sur le vieillissement et la réponse au stress.

«Cette étude fournit des preuves que la pratique à long terme des technologies de la méditation transcendantale offre une large gamme de bénéfices pour la santé au niveau moléculaire», souligne Supaya Wenuganen, chercheur à la MIU et co-auteur de l’étude, cité dans un communiqué de l’université.

Une meilleure fonction cognitive chez les pratiquants âgés

Premier constat : chez les méditants de longue date, l’expression de certains gènes liés à l’inflammation et au vieillissement, notamment SOCS3, est significativement plus faible. Ce gène est connu pour être associé au stress chronique et au métabolisme énergétique. Sa moindre activité pourrait signaler une charge allostatique réduite, c’est-à-dire une usure moindre du corps due à l’exposition répétée au stress.

Pour les chercheurs, ce résultat confirme une tendance observée dans des travaux antérieurs : la méditation, au-delà du bien-être immédiat, pourrait atténuer certains processus biologiques liés au vieillissement. « La plus faible expression des gènes liés à l’âge et le taux de cortisol capillaire plus faible chez les groupes pratiquant la méditation transcendantale renforcent les résultats d’études à court terme indiquant que ces pratiques favorisent un vieillissement en bonne santé et une meilleure adaptation au stress», observe Kenneth Walton, chercheur senior à la MIU.

Outre les marqueurs biologiques, les chercheurs se sont intéressés aux effets de la méditation sur les capacités cognitives. À l’aide d’un électroencéphalogramme (EEG), ils ont mesuré la latence des potentiels évoqués N2 et P3, deux signaux électriques produits par le cerveau en réponse à une stimulation. Ces indicateurs sont largement utilisés pour évaluer la vitesse de traitement de l’information, qui tend à diminuer avec l’âge.

Résultat : chez les méditants âgés, les temps de réponse étaient comparables à ceux de jeunes adultes non-méditants. Un constat corroboré par leurs résultats à l’échelle d’intégration cérébrale (Brain Integration Scale), un indice qui regroupe plusieurs paramètres : cohérence des ondes cérébrales, temps de réaction, attention soutenue.

Des niveaux de stress plus faibles dans les cheveux

Autre axe d’étude : le cortisol, cette hormone-clé de la réponse au stress, souvent associée au vieillissement prématuré quand elle reste élevée dans le temps. Les scientifiques ont analysé la concentration de cortisol, ainsi que celle de son précurseur inactif, la cortisone, dans les cheveux des participants.

Chez les pratiquants de la méditation, le rapport cortisol/cortisone s’est révélé significativement plus bas, indiquant une meilleure capacité d’adaptation physiologique au stress. «Le cortisol joue un rôle essentiel dans la réponse de l’organisme au stress, et des taux chroniquement élevés de cortisol sont associés à de nombreux problèmes de santé liés à l’âge, en plus du déclin cognitif», explique Kenneth Walton.

Ces résultats s’ajoutent à une littérature scientifique croissante sur les bienfaits de la méditation transcendantale, déjà identifiée pour son impact positif sur la santé mentale, la gestion du stress et le système cardiovasculaire. Les chercheurs entendent désormais poursuivre leurs travaux pour mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués, notamment ceux liés à l’inflammation et au métabolisme énergétique.

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