Les très petites entreprises broient du noir, si l’on en croit la dernière enquête annuelle du (SDI), réalisée du 27 décembre 2024 au 3 janvier 2025, auprès de 1 602 répondants. En effet, le moral est bas : 88% des dirigeants interrogés expriment un état d’esprit négatif, une tendance qui s’est intensifiée par rapport aux années précédentes.
«La proportion de chefs d’entreprise se disant désabusés est passée de 27% à 36%, tandis que ceux déclarant un état dépressif ont augmenté de 3% à 10%», note le SDI. Une ambiance pesante face à un contexte économique difficile (hausse des coûts de l’énergie, PGE, charges administratives…), où la trésorerie devient de plus en plus problématique.
L’enquête indique que 78% des répondants sont confrontés à des tensions financières. Parmi eux, 22% les jugent «importantes». En toile de fond, des revenus en berne l’an dernier. Une TPE sur deux a vu son chiffre d’affaires diminuer par rapport à 2023. Pis, 17% des patrons interrogés prévoient de mettre fin à leur activité d’ici le premier semestre 2025 en raison de ces difficultés.
Cette baisse des revenus met encore davantage sous pression les entrepreneurs, car les banques sont devenues plus sélectives. Seulement 23% des répondants ont demandé un prêt bancaire en 2024, principalement pour des crédits d’investissement plutôt que de trésorerie. Selon le SDI, le taux d’acceptation des crédits de trésorerie a chuté tout au long de l’année, passant de 86% au premier trimestre à 71% au quatrième trimestre, avec des taux particulièrement bas pour les entreprises ayant bénéficié d’un PGE.
Une année « préoccupante » sur le plan économique
Les conséquences de cette difficulté d’accès au crédit sont lourdes : les TPE peinent à investir dans leur activité, à recruter ou à moderniser leur infrastructure, ce qui freine leur croissance. En 2024, seulement 15% des dirigeants ont procédé à des recrutements, tandis que 38% affirment ne pas avoir eu les moyens financiers de le faire. Par ailleurs, 26% des entreprises ont réduit leurs effectifs, principalement à travers des départs volontaires (22%) et le non-renouvellement de contrats temporaires (20%).
Enfin, les difficultés financières rencontrées par les entreprises se sont aussi répercutées sur les revenus personnels des dirigeants. Ainsi, 48% des chefs d’entreprise ont perçu le Smic ou moins en 2024, et 35% ont constaté une baisse de leurs revenus par rapport à l’année précédente.
Plus préoccupant : deux tiers des répondants estiment ne pas être en mesure de développer leur activité en 2025. «Ces résultats soulignent la nécessité de mesures de soutien ciblées, incluant un meilleur accès au crédit, une réduction des charges administratives et une aide financière pour aider les entreprises à surmonter les défis économiques actuels», commente le SDI dans un communiqué.
LIRE AUSSI : Coiffure et esthétique : « De bons élèves malgré un contexte économique difficile »



