Profession bien-être : Quel est le concept de Qipao, en quelques mots ?
Marilyn Feuillette : Nous sommes plutôt sur une licence de marque, et donc une version plus légère de la franchise. Cependant, on fait le même service. Ce qui nous différencie de la concurrence, c’est que nous sommes un généraliste, contrairement à la plupart des réseaux qui sont présents sur le marché. Nous faisons de tout, nous sommes sans abonnement, avec et sans rendez-vous. Nous sommes aussi basés sur du body positive : tous nos noms de prestations sont décomplexants.
Vous visez une clientèle plutôt jeune ?
Il y a 10 ans, quand on a commencé à développer l’enseigne, la clientèle était jeune, environ 20-35 ans. Aujourd’hui, on est multigénérationnel. Tout simplement, parce que les 20-35 ans ont amené leurs mamans, puis leurs petites sœurs, qui arrivent pour une première demi-jambe à l’âge de 14 ans ou en premier vernis permanent à l’âge de 16 ans, pour une petite épilation aux lèvres, par exemple !
Vous êtes généraliste sur un marché qui est très concurrentiel. Comment faites-vous pour vous distinguer des autres ?
Je trouve qu’on n’est pas si concurrentiels que ça, parce qu’on a 40 ans de retard avec la coiffure ! Quand on a commencé, c’était très structuré dans la coiffure. Vous aviez de très beaux réseaux de franchises sur plusieurs secteurs, du low cost, du premium, du super premium… À l’inverse, quand Qipao est arrivé dans l’esthétique, il y avait Yves Rocher, Body Minute ou Esthetic Center, mais finalement, les réseaux n’étaient pas très nombreux. Depuis 10 ans, il est vrai, l’esthétique s’est tellement développée qu’on voit fleurir partout des nails bars, des bars à sourcils, et beaucoup de filles se mettent en indépendantes.
Comme vous le dites, le marché évolue vers l’ultra spécialisation, mais, vous, vous avez choisi d’être généraliste, pourquoi ?
Tout simplement, parce que la beauté, c’est très fluctuant. C’est la mode du regard et du sourcil aujourd’hui, mais, dans trois ans, peut-être pas. Et si un jour, on sort une loi qui interdit d’utiliser du vernis permanent ou des gels avec des acryliques, que vont devenir les nails bars ? Les personnes qui choisissent notre concept auront toujours d’autres activités à leur disposition. Par exemple, on sent en ce moment que les nails sont en train de se stabiliser, alors que le massage et le spa sont en train de remonter. Je pense qu’être généraliste, c’est aussi s’assurer une pérennité.
Quel investissement doit prévoir une esthéticienne qui veut se lancer chez vous ?
Il faut à peu près 25 000 euros, parce qu’on est sur des financements qui s’élèvent à environ 150 000 euros. Par contre, en tant que licence de marque, nous sommes plus accessibles par rapport à la franchise, car la mensualité n’est que de 500 euros par mois. On ne demande pas de royalties ni d’autre financement.
Quels sont les lieux que vous privilégiez ?
Les centres-villes et les centres commerciaux. Nous sommes en partenariat avec Carrefour, Cora Leclerc et Intermarché. Dans un centre commercial, une boutique aura tendance à démarrer un peu mieux qu’en centre-ville, mais, au bout de trois ans, le chiffre d’affaires est égal.
Au bout de combien de temps un institut Qipao est rentable ?
Certains sont rentables dès la première année, mais, en général, la rentabilité est atteinte à partir de la deuxième année. J’ajoute que la plupart des bilans sont positifs dès la première année, parce que les esthéticiennes ont des aides à la création de l’entreprise. Le fait qu’elles n’aient pas à supporter leur propre salaire les premiers mois, ça aide énormément. Quant au chiffre d’affaires, il se situe, en moyenne, entre 250 000 et 550 000 euros, parce que nous choisissons très bien nos emplacements. On recherche du flux clients, des passages de voitures, des parkings…
Au début, vous travailliez avec Decléor et Carita. La première a disparu et la seconde, rachetée comme la première par L’Oréal, s’est tournée vers l’international. Quelles marques avez-vous choisi pour les remplacer ?
C’est vrai que, quand on a démarré le concept, on a choisi de se différencier avec des très belles marques. Je dois souligner que la distribution de cosmétiques, pour les circuits professionnels, n’est pas évidente, parce que les marques que vous vendez en magasin peuvent être bradées sur Internet. On s’est tournés vers LPG, qui nous protégeait. On avait déjà leur machine, on propose désormais toute leur gamme de cosmétiques. On a aussi des marques ultra pro comme Perron Rigot pour la cire, OPI ou 1944, pour les nails.
L’épilation laser, ça vous tente ?
Bien sûr, laser et lumière pulsée ! Nous sommes un des rares réseaux avec Yves Rocher à avoir choisi de ne pas travailler avec la lumière pulsée tant que le décret n’était pas passé. Aujourd’hui, c’est fait. Nous sommes en pleine négociation avec les industriels. Je suis vraiment très heureuse, parce que ça revalorise notre métier. C’est vraiment important pour notre profession de pouvoir retravailler avec des technologies.
Propos recueillis par Georges Margossian.
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