«Notre cadre d’exercice doit évoluer», avertit la présidente de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté et spa, pointant du doigt une situation «paradoxale» : les professionnels de l’esthétique, selon elle, sont «les plus formés d’Europe» mais aussi «les plus empêchés dans la pratique de soins esthétiques».
La tribune, publiée le 3 avril sur le site du journal économique La Tribune, vise à attirer l’attention des pouvoirs publics sur le cadre réglementaire actuel qui régit l’esthétique, alors que l’évolution technologique, désormais au coeur des métiers de la beauté, rend urgente une intervention du législateur.
«Le gouvernement a annoncé sa volonté de nouveaux textes visant à simplifier et à libérer l’activité économique. Les professionnels de l’esthétique ne doivent pas être oubliés», écrit Martine Berenguel, qui fait observer que, si la loi exige une qualification professionnelle pour exercer une activité d’esthéticienne, «aucun texte ne donne de définition, qu’elle soit générale ou exhaustive de ce qu’est un soin esthétique».
Or, souligne la présidente de la Cnaib-Spa, la frontière entre soins esthétiques et médecine esthétique devient «plus floue», avec l’apparition de nouvelles technologies, comme le peeling ou celles «impliquant l’utilisation d’aiguilles de quelques micromètres seulement».
«Ces distinctions anciennes sont parfois appliquées en dépit du bon sens, comme lorsqu’on interdit à nos professionnels la pratique du microneedling, alors que le piercing et le tatouage, qui nécessitent d’aller à plusieurs millimètres sous la peau, bénéficient d’une dérogation», regrette-t-elle.
Des investissements lourds sans garantie juridique
Ce retard réglementaire est perçu par la signataire de la tribune comme un élément d’instabilité juridique, qui «ne permet pas aux professionnels d’investir sereinement dans de nouvelles technologies», créant une sorte d’appel d’air pour des acteurs non diplômés et des soins grand public sur Internet qui ne respectent pas les normes professionnelles de l’esthétique.
La présidente de la Cnaib-Spa s’interroge aussi sur le risque économique pour les petits établissements, qui, pour répondre à la pression des consommateurs, se lancent dans des «investissements lourds» pour acquérir des équipements sur lesquels pèse une incertitude juridique.
Une tribune qui paraît, alors que toute la profession attend la publication d’un décret qui devrait encadrer l’utilisation du laser diode, notamment pour les non-médecins. Aujourd’hui, au regard de la réglementation en vigueur à ce jour et malgré les avancées de la jurisprudence, seules les personnes diplômées de médecine peuvent réaliser une séance d’épilation définitive au laser.
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