Beauté

Bien-être

Business

Cancer : des additifs alimentaires émulsifiants aux effets inquiétants

Additifs alimentaires

Une étude de l’Inserm suggère une corrélation entre la consommation d'émulsifiants courants dans les aliments ultra-transformés, spécifiquement l'additif E471, et un risque accru de cancers, en particulier du sein et de la prostate.

Les émulsifiants, souvent utilisés dans l’industrie alimentaire pour améliorer l’apparence, le goût, la texture, et prolonger la durée de conservation des produits, sont présents dans une vaste gamme d’aliments transformés et emballés, incluant les pâtisseries, glaces, chocolats, pains, margarines et plats préparés. Entre 30 et 60% des calories consommées par les adultes en Europe et en Amérique du Nord sont issues d’aliments ultra-transformés.

Des chercheurs*, dont le travail s’est appuyé sur les données de santé de 92 000 adultes participant à l’étude de cohorte française NutriNet-Santé entre 2009 et 2021, se sont penchés sur les liens entre ces additifs et les risques de cancer. Les résultats de leurs travaux, qui viennent d’être publiés dans la revue PLoS Medicine, sont inquiétants.

En effet, au terme d’un suivi de sept ans, les chercheurs ont observé que les consommations élevées de monoglycérides et diglycérides d’acides gras (E471) étaient liées à une augmentation significative des risques de cancer en général (15% de plus pour les consommateurs les plus élevés par rapport aux plus faibles), et, plus précisément, de 24% pour les cancers du sein et de 46% pour les cancers de la prostate.

Des résultats jugés « robustes » par les chercheurs

Par ailleurs, les femmes consommant davantage de carraghénanes (E407 et E407a) présentaient un risque accru de 32% de cancer du sein en comparaison avec celles en consommant moins. «Il s’agit de la première étude observationnelle en la matière, qui ne suffit donc pas, à elle seule, à établir de lien de cause à effet», souligne l’Inserm dans un communiqué.

Les chercheurs reconnaissent des restrictions dans leur étude, notamment une majorité de participantes féminines, un niveau moyen d’éducation supérieur et une tendance à des comportements plus attentifs à la santé chez les participants de NutriNet-Santé comparativement à l’ensemble de la population française, limitant ainsi la portée des conclusions.

Toutefois, leur étude a reposé sur un large échantillon, permettant aux chercheurs de considérer «un large éventail de facteurs potentiellement confondants», fait observer l’Inserm, qui ajoute que les résultats sont restés inchangés «après de multiples analyses de sensibilité, renforçant ainsi leur robustesse».

(*) Travaux réalisés par des chercheurs de l’Inserm, de l’Inrae, de l’Université Sorbonne Paris Nord, de l’Université Paris Cité et du Cnam, regroupés au sein de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-Eren).

LIRE AUSSI : Régime sans additifs alimentaires : décodez les étiquettes

Facebook
LinkedIn
WhatsApp
Email
Dans la même catégorie

Nous utilisons des cookies