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Sur les traces de Pocahontas : les soins amérindiens

soins amérindiens

Pourquoi toujours chercher son inspiration en Extrême-Orient ? Les Américains ont compris depuis longtemps l’intérêt de revenir à leurs propres sources. D’où la vogue toujours croissante des «native treatments», les soins amérindiens.

Aux Etats-Unis, le phénomène ne concerne plus seulement l’Arizona, berceau de la vogue du retour aux sources. À New York, même le célébrissime et mythique Red Door Spa d’Elizabeth Arden vend autant de soins amérindiens qu’européens. Il n’est pas le seul.

Dans la Grosse Pomme, de célèbres établissements, comme l’Aune spa, le Carapan spa et l’Equinox Wellness Spa ont fondé tout leur concept sur cette tendance. Les instituts américains – enfin, ceux qui ne se sont pas transformés en beauty spa – sont aussi très friands de ces soins qui évoquent le « retour aux sources».

Soins amérindiens
A New York, l’Equinox Wellness spa propose une expérience chaleur amérindienne.

Les soins amérindiens rendent les spas chaleureux

Après avoir longtemps cherché leur inspiration en Asie d’abord – en Chine et au Japon, puis en Inde -, créateurs de soins, journalistes beauté et autres influenceurs se sont donc tournés vers le «native american». Danser avec les loups et murmurer à l’oreille des chevaux est devenu soudain plus branché que de méditer dans la position du lotus.

Est-ce la communion intense avec les forces de la nature, prônée par les Indiens des plaines, ou le désir de se reconnecter à son propre territoire ? Toujours est-il que Pocahontas, la belle indienne, fait aujourd’hui recette, reléguant à l’arrière plan geishas, concubines et autres princesses népalaises.

La tendance se retrouve aussi en décoration : turquoise et corail, vert tendre et jaune  d’or, matières végétales et brutes, tissé main et crochet, ne sont pas seulement l’expression d’un «revival» des années 1970, mais bien un retour aux sources de l’artisanat indien, dont les thèmes se retrouvent du Nord, à la frontière canadienne,  jusqu’aux murs d’adobe des villes californiennes du sud.

Que ce soit à New York, Miami, en Utah ou au Kansas, les spas délaissent les ivoires, blanc cassé et autres grèges pour afficher des couleurs que ne renierait pas une hacienda mexicaine. Les concepteurs semblent s’inspirer, soit des «wampungs», ces ceintures  de cuir tressé intégrant des tissages de perles rocailles multicolores  qui servaient jadis de traités de paix, soit des couvertures tissées racontant les exploits des guerriers des tribus.

L’inspiration amérindienne rend donc les nouveaux spas chaleureux et accueillants. Et dans les boutiques spa, les attrape-rêves des chamans indiens, des cercles tissés de fils, de coquillages et d plumes, censés empêcher les cauchemars de parvenir jusqu’à nous, remplacent les carillons chinois.

Les traditions amérindiennes, du Canada à la Californie

Le mouvement est venu de trois états américains, la Californie, l’Arizona et l’Utah, où les traditions amérindiennes sont plus présentes que dans le reste du pays. La présence de grands « destination spas » comme Rancho La Puerta ou d’«adventure spas», comme le Red Mountain Spa, fréquentés principalement par des citadins venus de New York, de Los Angeles ou de Boston, a favorisé cet engouement pour les racines américaines.

Sentant un écho favorable chez leurs clients, de nombreux spas et instituts se sont engouffrés dans la brèche. L’Alvadora Spa, par exemple, situé à Scottsdale, s’est spécialisé dans les soins aux fleurs et aux minéraux d’Arizona. Dans la même ville, le  Phoenician Spa propose son massage du Grand Canyon… Tout aussi inspiré, le Biltmore Spa, à Phoenix, a conçu un gommage à l’ocre rouge.

Mais le phénomène ne se limite pas  à celle seule région. Le spa du Lac Taureau, au Canada, décline lui aussi toute une série de soins amérindiens, tout comme le Xandau Spa, au Costa Rica. Ces derniers ressemblent d’ailleurs beaucoup aux massages du cercle polaire, avec de longs mouvements puissants et profonds et un massage appuyé du dos et des épaules, là où vient  s’accumuler la fatigue.

Soins amérindiens, une purification physique et spirituelle

Simple effet de mode ? Pas vraiment. Depuis l’aube des temps, les Indiens d’Amérique se préoccupent de leur purification physique et spirituelle, réalisant ainsi cette «ré-harmonisation corps et esprit» chère aux spas modernes. Contrairement aux idées reçues, ils connaissaient les bains de vapeur bien avant l’arrivée des premiers Européens.

Ils font «suette» dans des tentes ou des huttes de sudation, rappelant les kotas finlandais. Les pierres sont chauffées à l’extérieur puis transportées à l’intérieur sur une couche de genévrier. Une fois les portes hermétiquement fermées, l’un des baigneurs verse de l’eau additionnée de sauge, de cèdre ou de lavande pour produire d eta vapeur.

Une seconde méthode, dite par feu direct, est plus répandue dans l’Arctique, chez les Inuits, et en Californie. La hutte de sudation devient ici une maison à structure permanente, dans laquelle on peut vivre quand elle n’est pas réservée aux cérémonies. Les pierres sont chauffées directement dans le bâtiment, produisant une chaleur sèche.

Les femmes indiennes utilisent aussi les pierres volcaniques pour s’épiler, car le poil est honni dans les tribus, même si la nature ne les a pas pourvues d’un système pileux très développé. L’argile, tout comme la terre rouge d’Arizona, additionnée de graisse, est utilisé en onguent pour se protéger du soleil ou pour se teindre les cheveux.

C’est même à ce procédé que les Indiens doivent leur surnom de «Peaux rouges». Les tribus accordaient des pouvoirs magiques de protection à cet ocre rouge. Tout comme elles attribuaient à l’onguent turquoise, fait de graisse et de pierre pilée, la propriété de provoquer la confiance en soi, la sérénité et le bien-être et de constituer le véritable passeport vers le paradis des guerriers.

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SOINS AMÉRINDIENS
La tradition amérindienne a inspiré la création de cette jolie gamme spa chez Bernard Cassière.
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