Même s’il est encore trop tôt pour chiffrer le montant des dégâts et les pertes d’exploitation, le bilan risque d’être lourd. Partout, des commerces ont été pillés, saccagés, voire brûlés. Samedi, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, faisait état d’une dizaine de centres commerciaux et de plus de 200 enseignes de distribution attaqués et pillés à travers le pays, ainsi que 250 débits de tabac, 250 agences bancaires, sans compter divers commerces de toute taille.
Au total, 1 500 commerces en métropoles et 400 à Marseille auraient été pillés et vandalisés, avance, pour sa part, BFMTV. Les dommages collatéraux sur le tourisme se font déjà sentir. Le patron de l’Office du tourisme de Paris, Jean-François Rial, a, indiqué à l’AFP qu’il estimait, pour le début du mois de juillet, à 20-25% le taux d’annulation sur la clientèle internationale.
De son côté, le président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Thierry Marx, soulignait dès vendredi, dans un communiqué, que les hôteliers subissaient une «vague d’annulation de leurs réservations sur tous les territoires touchés».
Mise en place d’un « fonds de secours »
Alors qu’un report de paiement de charges sociales et fiscales pour les entreprises en difficulté a été annoncé ce week-end, les organisations professionnelles des TPE et des PME veulent que le gouvernement aille plus loin. «Il est notamment impératif que les entreprises mais aussi les chefs d’entreprises concernés, bénéficient de mesures de soutien immédiates et massives», estime ainsi la CPME dans un communiqué publié lundi.
Rappelant que les personnes ayant le statut d’indépendant n’ont pas accès à l’assurance chômage, la confédération demande que l’on mette en place un «fonds de secours» pour «ceux qui ont tout perdu», les seuls organismes sociaux risquant, selon elle, de s’avérer insuffisants. Elle demande aussi que les banques acceptent un report des échéances du prêt garanti par l’Etat (PGE).
L’Union des entreprises de proximité (U2P) propose, quant à elle, des «dispositifs adaptés» (activité partielle, reports de charges…), appelant les assureurs, tout comme la CPME, à «des indemnisations rapides et proportionnées», et les banques, à accorder des facilités aux entreprises touchées par les émeutes.
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