La profession sort du confinement avec inquiétude. Malgré la mise en place de mesures sanitaires strictes, les clients ne se bousculent pas chez les tatoueurs, dont certains voient leur activité réduite de moitié, rapporte Le Parisien.
«La reprise est très, très calme. Nos clients éventuels ont peur d’une deuxième vague. Ils appellent pour se renseigner puis nous donnent rendez-vous en septembre», explique au Parisien confirme le tatoueur Nicolas Trajkovic, organisateur d’un salon annuel à Beauvais, qui a été reporté les 12 et 13 juin 2021.
Depuis le 11 mai, il n’a réalisé que deux nouveaux tatouages. «Le reste correspond à des retouches sur des tatouages faits en janvier ou février», des travaux payés avant le confinement, précise le tatoueur, qui rappelle que la profession a pourtant pris des «mesures très strictes». «Les aiguilles et le poste de travail étaient déjà désinfectés. Je portais aussi un masque quand je faisais des piercings. Aujourd’hui, je porte un masque ou une visière pour chaque intervention. Mes clients sont aussi masqués et ils ont du gel à disposition», détaille-t-il.
La sortie du confinement arrive aussi à un moment peu propice, l’activité tournant «traditionnellement au ralenti pendant l’été». «Beauvais n’est pas une cité balnéaire, on n’a pas de clientèle estivale», déplore Nicolas Trajkovic, qui mise sur une reprise à partir de la rentrée. Sylvain Montmarthe, autre tatoueur de l’Oise, a préféré, quant à lui, prendre les devants.
« Une boutique coûte très cher »
Il a fermé définitivement les portes de son salon ce week-end. «J’y pensais depuis quelque temps et la crise sanitaire a précipité les choses. Une boutique coûte très cher, alors quand on ne travaille pas pendant deux mois, ce n’est plus tenable», souligne ce professionnel, qui exerce ce métier depuis 18 ans. Il va désormais travailler de chez lui, raconte-t-il au Parisien.
«Il n’y a que des habitués qui sont venus. Avec le virus et la peur qu’il engendre, il n’y a pas de nouveaux clients prêts à pousser la porte du salon pour tenter un tatouage. Comme le client aléatoire n’existe pas ou plus, je garde ma clientèle actuelle. Elle devra simplement prendre des rendez-vous», espère-t-il.




