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Thermes de Balaruc-les-Bains : la technologie Sublio au cœur des interrogations

Balaruc less bains

Selon une enquête de la presse locale, les thermes de Balaruc-les-Bains auraient discrètement installé la technologie Sublio, désormais scrutée par les autorités sanitaires pour ses effets potentiels sur les caractéristiques microbiologiques de l’eau minérale naturelle.

Une enquête en plusieurs épisodes, menée pendant plus d’un an, vient d’être publiée par Le Singulier, un site d’information politique et généraliste du bassin de Thau, dans l’Hérault. À l’origine de cette affaire complexe, douze réacteurs Sublio auraient été installés au printemps 2022 dans les sous-sols des Thermes de Balaruc-les-Bains (Hérault), afin d’« hyperioniser » l’eau thermale, sans en référer à l’Agence régionale de santé (ARS).  

La technologie Sublio, au cœur de cette controverse, est l’aboutissement de quinze années de recherches, expliquait Frédéric Esnault, son inventeur, lors de la présentation de son appareil aux Thermalies, en janvier 2024. L’inspiration lui serait venue lors d’un séjour en Corse, émerveillé par les effets bénéfiques de l’eau de la Restonica, une rivière près de Corte, sur la peau. 

Selon lui, son système serait capable d’analyser et de traiter différents types d’eau (robinet, source, mer, eau thermale) en quelques millisecondes, en transformant les minéraux en ions, sans ajout ni retrait d’éléments. Avec une promesse forte : des effets inédits sur la réparation cutanée et le rajeunissement de la peau.

Une modification non déclarée des installations

Problème : selon une note de l’ARS Occitanie, citée par Le Singulier, les thermes de Balaruc-les-Bains auraient procédé «par fait accompli», en modifiant leurs installations sans respecter la réglementation encadrant l’usage des eaux minérales naturelles à des fins thérapeutiques.

C’est pourtant ce même établissement qui a décidé de signaler la présence de ces équipements aux autorités sanitaires, un réflexe sans doute nourri par le souvenir du scandale ayant touché les eaux Perrier, car un manquement à cette obligation peut coûter cher…

La loi prévoit, en effet, que le titulaire d’une autorisation d’exploiter doit déclarer «au préfet tout projet de modification des installations et des conditions d’exploitation mentionnées dans l’arrêté préfectoral d’autorisation et lui transmettre tous les éléments utiles pour l’appréciation du projet, préalablement à son exécution.»

L’ARS et la DGS expriment des réserves

Mais les faits ont dépassé le cadre réglementaire. Toujours selon Le Singulier, les thermes de Balaruc-les-Bains auraient communiqué auprès des curistes dès février 2023 sur les bénéfices du système Sublio. L’ennui, estime le site d’information, c’est que cette promotion serait intervenue avant même que l’ARS Occitanie ne soit informée de l’installation du dispositif.

Or, les analyses transmises par les thermes aux autorités sanitaires, notamment un rapport microbiologique Eurofins, indiqueraient qu’il n’existe «pas de différence significative» dans la composition de l’eau thermale avant et après le passage par les réacteurs Sublio, assurent les journalistes.

Face à cette situation, l’ARS Occitanie et la Direction générale de la santé (DGS) ont exprimé des réserves. Selon les documents cités par l’enquête, les autorités auraient redouté une modification potentielle des caractéristiques microbiologiques de l’eau minérale naturelle, ce qui serait en contradiction avec le Code de la santé publique. Elles auraient alors demandé l’arrêt immédiat du dispositif et exigé le retrait complet des réacteurs installés dans les locaux des thermes.

Un investissement public de 750 000 euros

Autre volet révélé par Le Singulier : l’établissement aurait tenté de régulariser la situation en proposant de requalifier l’utilisation des réacteurs Sublio dans un cadre de thermoludisme, moins strictement encadré que celui des soins thérapeutiques. 

Pour appuyer cette démarche, un lobbying aurait été mené, impliquant un ancien ministre de la Santé devenu avocat, afin de convaincre les autorités sanitaires d’assouplir leur position. Ces tentatives seraient toutefois restées vaines, l’ARS Occitanie et la Direction générale de la santé ayant maintenu leur refus d’autoriser l’usage du dispositif.

Plusieurs risques planent désormais sur les thermes : perte du conventionnement avec l’Assurance maladie, sanctions pénales, et un possible scandale financier en toile de fond. Estimé à environ 750 000 euros, leur investissement a été financé pour l’essentiel sur fonds publics, la commune de Balaruc-les-Bains étant l’actionnaire principal de la Société publique locale exploitant l’établissement. 

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