Selon une étude de Santé publique France, l’épidémie de Covid 19 a pesé sur la santé mentale des 18-24 ans, dont les épisodes dépressifs ont connu une hausse sans précédent.
«La prévalence des épisodes dépressifs a augmenté en France» depuis la crise sanitaire, mais elle concerne plus particulièrement les jeunes adultes, relèvent les chercheurs, dans une étude réalisée auprès de 25 000 Français sélectionnés aléatoirement.
En 2021, année de l’enquête, environ un jeune sur cinq (20,8%) a été touché par un EDC (épisode dépressif caractérisé), une proportion qui a quasiment doublé depuis la dernière étude, en 2017, contre 13,3% pour l’ensemble de la population adulte (18-75 ans).
Incertitude par rapport à l’avenir
Confinements à répétition, incertitudes sur l’avenir, culpabilisation face à l’épidémie… «Le stress causé par la maladie de la Covid-19 et les restrictions imposées pour la contrôler apparaît comme l’une des principales hypothèses explicatives de cette hausse», avance l’étude, qui ajoute que, parmi les 18-24 ans, «les personnes vivant seules et les familles monoparentales, tout comme celles qui ne se déclaraient pas à l’aise financièrement, au chômage», avaient un risque d’EDC plus élevé.
«Ce qui a beaucoup joué, c’est l’incertitude par rapport à l’avenir, qui a une dimension très importante à cet âge là : est-ce que je vais avoir mon diplôme ? Est-ce que je vais pouvoir suivre les cours ?», estime un des co-auteurs, Enguerrand du Roscoat, cité par l’AFP. Le chercheur souligne aussi un sentiment d’irréversibilité : «Ce que vous vivez entre 18 et 24 ans ce sont des choses qui ne se rattrapent pas a priori».



