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UV artificiels : un risque bien supérieur au soleil naturel (étude)

Banc de bronzage UV

Des chercheurs américains estiment que les cabines de bronzage provoquent des dégâts sur la peau bien plus étendus que le soleil naturel. S'appuyant sur l'analyse de milliers de biopsies, ils suggèrent que les UV artificiels augmentent fortement le risque de mélanome.

Le débat sur les cabines de bronzage revient régulièrement dans l’actualité, sans jamais vraiment se refermer. Entre mises en garde sanitaires, discours rassurants et habitudes bien installées, les UV artificiels restent un serpent de mer de la prévention santé. Une nouvelle étude vient aujourd’hui relancer la controverse.

Au cœur de cette nouvelle publication, parue dans la revue Science Advances, les chercheurs mettent en évidence l’ampleur des dommages provoqués par ces dispositifs. Contrairement à l’exposition naturelle au soleil, qui touche surtout certaines zones du corps, les cabines de bronzage affectent presque toute la surface cutanée, soulignent-ils.

Les scientifiques ont ainsi observé l’apparition de «mutations dangereuses sur presque toute la surface de la peau». Pour rappel, une mutation correspond à une modification de l’ADN. Certaines de ces altérations peuvent perturber leur fonctionnement normal et favoriser, à terme, le développement d’un cancer.

« Presque deux fois plus de mutations »

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs s’appuient sur un dispositif d’étude de grande ampleur. Ils ont d’abord analysé les dossiers médicaux d’environ 6 000 personnes, dont 3 000 utilisateurs réguliers de cabines UV et 3 000 individus du même âge n’ayant jamais pratiqué le bronzage artificiel.

En parallèle, ils ont réalisé un séquençage de l’ADN de 182 cellules cutanées (les mélanocytes). Ces cellules produisent le pigment de la peau et sont à l’origine du mélanome. Le séquençage leur a permis d’observer, cellule par cellule, l’impact réel des UV artificiels sur le patrimoine génétique.

Résultat ? Les cellules prélevées chez les utilisateurs de cabines présentent «presque deux fois plus de mutations», que celles des personnes non exposées. Les chercheurs suggèrent aussi un effet cumulatif : plus l’exposition est répétée, plus les dommages génétiques s’accumulent au fil du temps.

Les zones protégées sont touchées

«Les mélanocytes de la peau des utilisateurs de cabines de bronzage présentaient une charge mutationnelle plus élevée et une proportion plus importante de cellules porteuses de mutations pathogènes ; ces différences étaient particulièrement marquées sur les zones corporelles comparativement moins exposées à la lumière solaire naturelle», indique l’étude. 

Les mutations ne se limitent donc pas aux zones habituellement exposées au soleil. Elles apparaissent aussi sur des des parties du corps généralement protégées, comme le «bas du dos et les fesses». Après ajustement des données, le bronzage artificiel reste associé à un risque de mélanome multiplié par 2,85, selon l’étude.

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