L’absence de séparation entre l’eau et l’huile dans votre crème hydratante ou la capacité d’un gel douche à éliminer facilement les corps gras relèvent de petits miracles du quotidien. Derrière ces performances se cachent souvent des ingrédients techniques discrets : les PEGs (polyéthylènes glycols).
Issus de la pétrochimie et constitués d’une chaîne répétitive d’oxyde d’éthylène, ils figurent en bonne place dans les notices de nos cosmétiques, gels douches ou médicaments. Pourtant, comme le rappelle Oksana Krupka, professeur à l’Université d’Angers, dans un article publiée par The Conversation, ces composés ne constituent généralement pas l’actif phare qui promet de traiter la peau.
Ce sont avant tout des « couteaux suisses » de la formulation. Selon le PEG ou son dérivé (reconnaissable sur la liste INCI par la mention « PEG- » suivie d’un nombre comme le PEG-40), ils agissent pour lier l’eau et l’huile, stabiliser une émulsion, retenir l’eau ou faciliter le nettoyage. Ce sont ces capacités techniques, ajoutées à un «coût modéré et la simplicité de leur production», qui expliquent leur succès massif auprès des industriels.
Entre controverses et innovations
Pour autant, des questions se posent. Longtemps considérés comme des substances inertes, les PEGs font aujourd’hui l’objet de vifs débats. Leur usage est de plus en plus questionné, «notamment en raison de leurs effets avérés ou supposés sur la santé et l’environnement», souligne la chercheuse. La fabrication peut laisser des traces de sous-produits toxiques (comme l’oxyde d’éthylène ou le 1,4-dioxane), qui sont strictement encadrés et quasi absents des produits finis.
De plus, leur «faible biodégradabilité» soulève des préoccupations écologiques, car ils peinent à se dégrader dans la nature. L’alternative ? Les scientifiques étudient de nouvelles molécules de remplacement (baptisées POx), qui présentent l’avantage d’être sur mesure et beaucoup mieux tolérées par le corps humain.
Plus modulables et mieux tolérés par l’organisme, ces polymères alternatifs commencent à intéresser la nanomédecine et la cosmétique de demain. Mais pour l’heure, les PEG restent encore incontournables.
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